Smart délocalisée en Chine: Quel avenir pour le site lorrain?

COMMERCE Le groupe automobile allemand Daimler annonce une alliance avec le groupe chinois Geely pour produire ensemble la prochaine génération des voitures électrique de sa marque Smart en Chine dès 2022 et plus sur site historique de Hambach, en Lorraine

Gilles Varela

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Illustration. Hambach (Moselle) le 10 09 2015. Devant l'usine Smart.
Illustration. Hambach (Moselle) le 10 09 2015. Devant l'usine Smart. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le groupe automobile allemand Daimler (Mercedes Smart) s’allie avec le groupe chinois Geely.
  • Ils vont produire ensemble la prochaine génération de voitures électriques Smart en Chine dès 2022, et plus sur le site historique Français situé à Hambach. Mais la direction assure qu’elle va maintenir tous les emplois.
  • Malgré un fort investissement sur le site de Hambach en Lorraine mais aussi la production de la première voiture Mercedes 100 % électrique fabriquée en France, les syndicats émettent des réserves sur l’avenir du site.

L’annonce faite officiellement ce jeudi d’abandonner la production de la Smart Fortwo à Hambach (Moselle) est « choquante, blessante », confie Patrick Hoszkowicz, délégué syndical central CFDT de Smart France. « C’est notre bébé, il n’y a qu’ici qu’elle était produite et c’est vrai que c’est difficile de se résoudre à cette décision ». En effet, le groupe automobile allemand Daimler (qui réuni la marque Mercedes Benz et Smart) vient d’annoncer une alliance avec le groupe chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo, pour produire aux horizons de 2022 les Smart électriques deux places nouvelles génération, mais en Chine. Et non plus, comme historiquement, sur le site français à Hambach, appelé Smartville. Objectif du nouveau « joint venture » Daimler Geely, affiché sur la page du groupe, le marché chinois et au-delà.

Si cette nouvelle semble « affectivement » mal perçue par les employés, elle est tout de même reçue comme « une bonne », avec des réserves, précise Patrick Hoszkowicz. La direction a en effet annoncé qu’il n’y aura « pas de suppression de poste et qu’indépendamment, Mercedes-Benz produirait bien un nouveau véhicule Mercedes électrique sur le site d’Hambach. » Un autre véhicule serait également dans les tuyaux.

Par ailleurs, le groupe confirme les 500 millions d’investissements promis au printemps dernier afin de permettre à l’entreprise de passer dans l’aire du tout électrique. Le site ne va plus, en effet, produire de voitures à moteur thermique à partir de l’année 2020 et deviendra ainsi la première marque automobile dans le monde à passer d’une motorisation thermique à une motorisation 100 % électrique. Les investissements seront consacrés au produit et à de nouveaux bâtiments pour le ferrage et la peinture, mais aussi à l’extension du montage final et l’adaptation des infrastructures du site.

Une plus grande dépendance

En attendant, avant de lancer la Smart nouvelle génération en 2022, en Chine donc, Daimler va continuer de produire les Smart EQ Fortwo à Hambach, et la smart électrique pour quatre (EQ Forfour) en Slovénie.

Hambach (Moselle) le 10 09 2015. Devant l'usine Smart, la CGT tracte. Elle refuse les conditions du «pacte 2020» proposé par la direction.
Hambach (Moselle) le 10 09 2015. Devant l'usine Smart, la CGT tracte. Elle refuse les conditions du «pacte 2020» proposé par la direction. - G. Varela / 20 Minutes

Une bonne nouvelle tout de même pour l’emploi assure Patrick Hoszkowicz mais qui ne laisse cependant pas les syndicats sans inquiétudes. Ainsi la Fédération de la métallurgie CGT indique qu’elle craint tout de même des « départs volontaires, des mesures d’âges ». La CGT reproche également le « manque de visibilité et l’opacité sur la stratégie du groupe ». Quant aux 800 salariés employés par les sous traitants et qui vont pouvoir intégrer le groupe, le fait qu’ils doivent postuler n’offrirait pas suffisamment de garanties. « Qui dit postuler, dit sélection », souligne la CFDT.

Enfin, dernière grosse inquiétude soulevée par Patrick Hoszkowicz, « une plus grande dépendance […]. On va vivre avec une épée de Damoclès sur la tête, si le modèle allemand ne se vend pas bien, ils rapatrieront la production en Allemagne ».