Dieselgate: Les constructeurs allemands accusés de tests sur des singes... et des humains

SCANDALE De telles expériences « sont injustifiables d’un point de vue éthique », a déploré ce lundi Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand...

20 Minutes avec AFP

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Le logo de Volkswagen
Le logo de Volkswagen — PAUL J. RICHARDS / AFP

Le scandale des moteurs diesel revient hanter les constructeurs allemands. Après des révélations sur des tests visant des singes de nouvelles accusations portent cette fois sur des tests sur des humains pour mesurer l’impact des émanations du gazole.

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De telles expériences « sont injustifiables d’un point de vue éthique », a déploré ce lundi Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, réclamant des explications des groupes concernés.

Volkswagen s’excuse

Volkswagen, BMW, Daimler et l’équipementier Bosch affrontent deux affaires distinctes mais révélées quasi-simultanément, impliquant toutes deux un organisme de recherche qu’ils finançaient, l’EUGT, fermé depuis.

Le premier scandale, dévoilé par le New York Times, porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur des singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen.

Mais alors que Volkswagen avait réagi dès samedi, prenant « ses distances avec toute forme de maltraitance d’animaux », les journaux Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung évoquaient lundi d’autres tests, cette fois en Allemagne et sur des êtres humains.

« Rien à voir »

Un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle, mandaté par l’EUGT, a fait inhaler en 2013 et 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à 25 personnes en bonne santé, à des concentrations variées, détaillent les deux journaux.

Cette étude « n’a rien à voir avec le scandale du diesel », qui frappe depuis deux ans de nombreux constructeurs dont Volkswagen, pas plus qu’avec les tests sur les singes, s’est défendu lundi l’institut.

Le but était de mesurer l’effet de l’exposition au NO2 sur le lieu de travail, « par exemple pour les conducteurs de poids-lourds, les mécaniciens ou les soudeurs », pour recommander une éventuelle baisse des seuils réglementaires, explique l’institut.

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Daimler s’est de son côté « distancié expressément de l’étude et de l’EUGT », selon un porte-parole interrogé par l’AFP, tandis que BMW a démenti y avoir participé.

Mais aucune de ces déclarations n’a suffi à éteindre la polémique, ravivant la crise de confiance qui frappe les grands constructeurs depuis la révélation du trucage à grande échelle de leurs moteurs diesel.

« L’image des constructeurs automobiles s’est massivement dégradée avec le scandale des moteurs truqués, et les révélations actuelles l’écornent encore plus », estime Claudia Kemfert, de l’institut économique DIW, citée par le quotidien Handelsblatt.

Consternation

Si ces tests ont bien été réalisés, ils sont « absurdes et répugnants », a déclaré en matinée le ministre-président du Land de Basse-Saxe, Stephan Weil.

Le Land, actionnaire de Volkswagen à hauteur de 20 %, veut étudier dans quelle mesure « une responsabilité individuelle » est à endosser une fois que les faits seront élucidés, a ajouté l’homme politique.

« Le comportement du groupe doit respecter les exigences éthiques à tous égards », a-t-il souligné, alors que l’Etat-région de Basse-Saxe siège au conseil de surveillance du constructeur.

Cette nouvelle affaire « va affecter d’une manière durable la confiance des gens envers l’industrie automobile », a estimé auprès de l’AFP Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research.