20 Minutes avec agences
L'essentiel
- Fin mars 2026, une partie des offres de marché étaient moins chères que le tarif réglementé, en moyenne de 5 % pour les dix moins chères chez un gros consommateur en heures pleines/heures creuses.
- Une offre à prix fixe bloque le prix du kWh pendant le contrat, tandis que le tarif réglementé, fixé par les pouvoirs publics, a augmenté de 2,5 % au 1er août 2026.
- Changer de fournisseur est gratuit et sans coupure, et l’on peut revenir au tarif réglementé d’électricité si sa puissance ne dépasse pas 36 kVA.
Passer du tarif réglementé d’EDF à une offre de marché peut faire baisser la facture, mais pas pour tout le monde. Fin mars 2026, une partie des offres de marché étaient moins chères que le tarif réglementé, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Pour un gros consommateur en heures pleines/heures creuses, les dix offres les moins chères l’étaient en moyenne de 5 %. Si vous cherchez avant tout un prix stable, une offre à prix fixe bloque le prix du kWh pendant la durée du contrat. Si vous préférez un prix fixé par les pouvoirs publics, le tarif réglementé reste une option, et il est possible d’y revenir après l’avoir quitté.
Environ 19,2 millions de foyers sont encore au tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE), souvent appelé tarif Bleu d’EDF. Voici les critères pour comparer, à partir des données de la CRE et du médiateur national de l’énergie.
Quelle est la différence entre le tarif réglementé et une offre de marché ?
Le tarif réglementé d’électricité a un prix fixé par les pouvoirs publics. Il n’est proposé que par le fournisseur historique, généralement EDF, ou par une entreprise locale de distribution dans certaines communes, explique le médiateur national de l’énergie. Une offre de marché a, elle, un prix fixé librement par contrat, et tous les fournisseurs peuvent en proposer.
Le tarif réglementé est susceptible d’évoluer au moins une fois par an, selon la CRE. Au 1er août 2026, il a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne, soit environ 26 euros de plus par an pour un foyer qui consomme 4,5 MWh. Sa facture est ainsi passée de 1.046 à 1.072 euros TTC, selon la CRE.
Au 30 juin 2026, 54,8 % des 35,04 millions de sites résidentiels étaient au tarif réglementé, et 15,84 millions avaient souscrit une offre de marché, d’après l’observatoire de la CRE.
Les offres de marché sont-elles moins chères que le tarif réglementé ?
Certaines offres de marché sont moins chères que le tarif réglementé, mais pas toutes. Fin mars 2026, 46 offres affichaient un prix inférieur au TRVE pour un client type parisien en heures pleines/heures creuses, avec une puissance de 9 kVA et une consommation de 8.500 kWh par an, selon l’observatoire de la CRE.
Pour ce même client, les dix offres les moins chères (hors offre Tempo) étaient en moyenne 5 % moins élevées que le tarif réglementé TTC. Huit de ces dix offres étaient à prix fixe. Pour un petit consommateur en option Base (2.400 kWh par an), la CRE relève qu’une offre verte à prix variable était 7 % moins chère que le tarif réglementé.
Attention, ces comparaisons datent de fin mars 2026, avant la hausse du tarif réglementé du 1er août. Les écarts ont pu évoluer depuis, d’où l’intérêt de comparer avec ses propres chiffres.
Tarif réglementé, prix fixe, prix indexé, offre dynamique : le tableau comparatif
Critère | Tarif réglementé (TRVE) | Offre à prix fixe | Offre indexée sur le TRV | Offre dynamique |
|---|---|---|---|---|
Qui fixe le prix ? | Les pouvoirs publics | Le fournisseur, par contrat | Le fournisseur, par contrat | Les marchés au comptant |
Évolution du prix | Peut évoluer au moins une fois par an (+2,5 % TTC au 1er août 2026) | Prix du kWh inchangé pendant le contrat (parfois seule la part fourniture) | Liée à celle du TRV, généralement révisée deux fois par an | Varie toutes les heures |
Écart avec le TRV (fin mars 2026) | Référence | 8 des 10 offres les moins chères sont à prix fixe (ces 10 offres : −5 % en moyenne, client 9 kVA HP/HC) | Prix différent du TRV, mais évolue comme lui | Non chiffré, économies non systématiques |
Ce qui peut faire varier la facture | Les décisions des pouvoirs publics | Rien sur le kWh pendant le contrat, sauf l'acheminement si seule la fourniture est bloquée | Les hausses et baisses du TRV | Les prix de marché, souvent plus élevés en hiver ou vers 19 h |
Condition particulière | Puissance ≤ 36 kVA, chez le fournisseur historique | - | - | Compteur Linky obligatoire |
Sources : CRE, médiateur national de l’énergie
Les offres dynamiques reflètent les variations des prix sur les marchés au comptant : le kWh évolue toutes les heures. Le médiateur les juge réservées aux consommateurs très avertis, capables de décaler certains usages, comme le lave-linge ou la recharge d’un véhicule électrique, vers les heures où le prix est bas, précise le médiateur.
Quel choix selon votre profil de consommateur ?
- Vous consommez beaucoup, en heures pleines/heures creuses : pour un client type de 9 kVA consommant 8.500 kWh par an, les dix offres les moins chères étaient en moyenne 5 % moins chères que le tarif réglementé fin mars 2026, selon la CRE.
- Vous voulez un prix stable : une offre à prix fixe bloque le prix du kWh pendant toute la durée du contrat. Vérifiez si le prix est « entièrement fixe » ou si seule la part fourniture est bloquée, l’acheminement pouvant alors évoluer.
- Vous pouvez décaler vos usages : une offre dynamique peut permettre d’en profiter, mais les économies ne sont pas garanties et les prix peuvent fortement augmenter.
- Vous préférez un prix fixé par les pouvoirs publics : le tarif réglementé reste possible, même s’il peut évoluer au moins une fois par an.
Si vous hésitez, le médiateur national de l’énergie propose un comparateur présenté comme « un outil public, gratuit, neutre et indépendant ». Il faut y renseigner la puissance de son compteur, sa consommation annuelle et son option tarifaire, des informations qui figurent sur sa facture. Il affiche alors une estimation de la facture annuelle pour chaque offre.
Peut-on changer de fournisseur sans frais et revenir au tarif réglementé ?
Oui, changer de fournisseur est gratuit. « Aucun frais ne peut être réclamé au seul motif que je change de fournisseur », indique le médiateur national de l’énergie. Il n’y a pas de coupure d’électricité, pas de compteur à changer, et l’ancien contrat est résilié automatiquement. Seule démarche : souscrire auprès du nouveau fournisseur. En cas de souscription par démarchage ou à distance, on dispose d’un délai de rétractation de 14 jours. Il est aussi possible de revenir au tarif réglementé d’électricité après une offre de marché, en le demandant au fournisseur historique, à condition que la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA. Ce n’est pas le cas pour le gaz : les tarifs réglementés de gaz ont été définitivement supprimés le 1er juillet 2023.