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Pourquoi votre chien déteste-t-il certaines personnes au premier regard ?

Pourquoi votre chien déteste-t-il certaines personnes au premier regard ?

animaux•Face à un inconnu, un chien peut se raidir ou aboyer aussitôt. Loin d’un mystérieux sixième sens, cette réaction mêle indices sensoriels, apprentissages et émotion.
Le Monde des animaux

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Une première impression faite de nombreux indices

Un chien recule, aboie ou se raidit devant un inconnu pourtant aimable. Il n’a pas décelé une « mauvaise personne ». Dès la rencontre, il combine posture, regard, voix, vitesse d’approche et odeur. Se pencher sur lui, le fixer ou avancer la main vers sa tête peut être mal toléré. L’effet dépend du chien et du contexte.

Lors d’une expérience, 17 chiens ont été placés face à deux écrans montrant simultanément le visage d’une même personne avec deux expressions différentes : l’une positive, l’autre négative. Pendant ce temps, un haut-parleur diffusait une voix exprimant soit la joie, soit la colère. Les chiens ont regardé plus longtemps le visage dont l’expression correspondait à l’émotion entendue : par exemple, le visage en colère lorsque la voix avait une tonalité hostile. Ils ne réagissent donc pas uniquement à un regard, à un son ou à un geste isolé : ils peuvent croiser plusieurs indices pour évaluer l’état émotionnel d’un inconnu. En revanche, cette expérience ne montre pas qu’ils devinent ses intentions ni qu’ils peuvent savoir s’il s’agit d’une personne digne de confiance.

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Une odeur peut modifier la rencontre

Pour isoler le rôle de l’odeur, les chercheurs ont d’abord fait regarder à des hommes des vidéos provoquant soit de la peur, soit de la joie. Leur transpiration, recueillie sous les aisselles à l’aide de compresses, conservait les substances odorantes produites dans chaque situation. Ces hommes n’ont ensuite jamais rencontré les chiens.

Les chercheurs ont placé des labradors et des goldens retrievers dans une pièce avec leur propriétaire et une personne inconnue. Un diffuseur contenait soit une compresse imprégnée de « sueur de peur », soit de « sueur de joie », soit aucune odeur corporelle. Les chiens ne pouvaient donc pas observer la personne à l’origine de la transpiration : ils n’en percevaient que l’odeur.

Avec la « sueur de peur », ils ont davantage manifesté de stress, leur rythme cardiaque a augmenté et ils ont recherché plus souvent la proximité de leur propriétaire. Ils se sont aussi montrés moins ouverts envers l’inconnu présent dans la pièce. L’odeur corporelle d’une personne effrayée peut donc placer un chien dans un état de vigilance, même si elle provient de quelqu’un qu’il ne voit pas.

Son histoire pèse sur sa réaction

La réaction du chien dépend aussi de son histoire. Un animal peu familiarisé, lorsqu’il était jeune, avec des personnes d’âges, de corpulences ou d’apparences variés peut se montrer plus méfiant face à un profil inhabituel. Une mauvaise expérience peut également se généraliser : après avoir été effrayé par un homme portant un chapeau, par exemple, le chien peut réagir à d’autres personnes portant elles aussi un chapeau. Il ne se souvient pas nécessairement d’un événement comme le ferait un humain, mais certains indices peuvent avoir acquis une valeur négative. Le tempérament, la fatigue, le lieu de la rencontre et une éventuelle douleur abaissent encore son seuil de tolérance. C’est pourquoi une même personne peut être accueillie calmement un jour et déclencher une réaction défensive dans un autre contexte.

Face à un chien qui hésite, mieux vaut ne pas chercher à le convaincre par une caresse. L’inconnu peut détourner légèrement le corps et le regard, garder ses mains près de lui et laisser l’animal décider s’il souhaite s’approcher. Le grognement doit être pris au sérieux : il indique que la distance est devenue insuffisante. Le punir ne fait pas disparaître le malaise qui l’a provoqué et peut priver le chien de ce signal d’avertissement. Enfin, lorsqu’une méfiance apparaît brutalement, devient très intense ou concerne de plus en plus de personnes, une consultation vétérinaire s’impose. Une douleur, une baisse de la vue ou de l’audition peut rendre les rencontres plus inquiétantes. La réaction du chien renseigne donc d’abord sur son propre état émotionnel, et non sur la valeur morale de la personne qui lui fait face.

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