Coupe Davis. France-Belgique: Oubliez l’idée, Goffin est intouchable ce week-end

TENNIS – Sur la lancée de sa finale au Masters, le Belge semble parti pour écrabouiller tous les Français qui se présentent à Lille...

Julien Laloye

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David Goffin a bien lancé la Belgique.

David Goffin a bien lancé la Belgique. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

D’un de nos envoyés spéciaux à Lille,

« J’ai un peu poussé le Saladier vers la frontière ». David Goffin est tellement au-dessus de son espèce en ce moment qu’il se permet même de faire des blagues. On le craignait, on le supputait, on le devinait, le Belge est parti pour mettre des roustes tout le week-end. Le gars battait Nadal et Federer la semaine passée, ce n’était pas pour terminer en position fœtale contre Lucas Pouille. «C’est dans la continuité du masters, où j’ai fait de très bons matchs, nous a expliqué l’heureux homme.  J’ai tout de suite bien senti la surface en arrivant ici, les sensations étaient bonnes, j’ai compris que j’allais pouvoir m’exprimer comme je le voulais.. Ça ne m’arrive pas souvent dans un match en trois sets de ne pas sauver de balles de break ».

« Je ne l’ai jamais vu à ce niveau-là »

Ah oui, parce qu’on n’avait pas précisé. Pouille, qui avait battu son pote trois fois sur trois jusque-là, n’a même pas fait frissonner le stade Pierre Mauroy une seule fois sur le service adverse. Il arrivait par hasard jusqu’à 30 partout ? Goffin sortait la sulfateuse en première avec une régularité éblouissante compte tenu de sa stature de joueur de mölki. « Je le connais bien, je m’entraîne souvent avec lui, et je l’ai jamais vu aussi fort, abonde sa victime du jour. Sur chaque opportunité, si on peut appeler ça comme ça, il sort des premières à 200 extérieur. Il n’a rien raté. Est-ce que c’est la confiance acquise ces dernières semaines. ? Il a failli gagner le masters avec ce niveau-là, je pense qu’il joue le tennis de sa vie ».

Sur les deux derniers sets, contre un gars qui vaut quand même top 20 mondial, Goffin nous a même rappelé le Federer d’il y a trois ans, celui du dimanche, proprement intouchable. Jean-Paul Loth, notre consultant préféré, en est encore tout ébahi. « Il ne fait pas un coup faux. Selon la situation, il ne joue que des coups justes en longueur, en effet, en vitesse… Il est remarquable dans ses choix de jeu. Dans la manière dont il appréhende le jeu, il n’est pas obstrué par une quelconque difficulté. Quelle lucidité dans tout ce qu’il fait ! ».

Assez frais pour jouer le double

On chope aussi papy Santoro au passage pour nous vanter les mérites du 7e joueur mondial, qui n’a jamais perdu contre plus mal classé que lui en Coupe Davis, et l’ancien pilier du double tricolore nous plombe encore un peu plus le moral : « Quand la situation s’est compliquée, Lucas n’a pas trouvé de solution. David est sur le papier le meilleur joueur du week-end, et il l’a prouvé. J’ai envie de dire que la mauvaise nouvelle elle est double. D’abord on a perdu, et ensuite ça a duré à peine deux heures, ce qui va permettre à David de jouer le double s’il a envie ». Une possibilité qu’on avait refusé d’envisager, pour tout vous dire. On imaginait un gars cramé (86 matchs cette saison), déjà bien poussé dans ses limites par Pouille le vendredi et peut-être sur un brancard d’hôpital le dimanche ? Il s’avère que Goffin peut jouer trois jours de suite tranquillou.

Le Belge confirme. « Le double ? Tout est possible, ce qui est super c’est que je n’ai pas usé trop d’énergie, ça laisse une opportunité en plus demain. Cela aurait été compliqué de changer les plans si j’avais joué quatre heures, là pourquoi pas ». Bon, soyons honnêtes jusqu’au bout, Goffin est un des rares cadors du circuit à détester ça profondément. Il n’en joue jamais, et quand il se retrouve obligé de s’y coller en Coupe Davis, c’est un four à chaque fois (trois défaites en autant de tentatives). Mais quand on plane au niveau qui est le sein à Lille, ça se tente. Enfin, de notre point de vue. Et bon courage à Tsonga pour dimanche s’il doit se coltiner le loustic pour que la France reste en vie.