Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Coupe du monde: Non, les filles ne sont pas moins vicieuses que les garçons

Coupe du monde: Non, les filles ne sont pas moins vicieuses que les garçons

FOOTBALLLe football féminin a la réputation d'être plus fair-play que son homologue masculin...
Romain Baheux

Romain Baheux

Il serait paré de toutes les vertus. Plus technique, moins physique, plus joueur mais surtout plus fair-play et moins vicieux, le football féminin est encensé là où son homologue masculin est descendu. A tel point que 81 % des Français justifient leur bonne image de la discipline par ces aspects, selon un sondage publié par Le Parisien avant la Coupe du monde. Désolé de les décevoir, mais les filles ne sont pas plus pures que les garçons. Explications avant le match décisif des Bleues contre le Mexique mercredi (22h).

Non, elles ne sont pas toujours fair-play

La scène a déchaîné les supporters français. Peu après l’heure de jeu de la défaite contre la Colombie samedi (2-0), l'attaquant tricolore Eugénie Le Sommer fonce dans la surface de réparation sud-américaine. Pour l’arrêter, la Colombienne Montoya lui subtilise la balle de la main, sans que l’arbitre n’intervienne pour siffler un penalty mille fois accordable.

« La main volontaire de la Colombie face aux Bleues ! Et ce n’est pas sifflé, pas de penalty… vine via @SalonFootClub pic.twitter.com/Dud5WprXHC — L’Actu Foot (@ActuFoot_) June 13, 2015 »

« Superbe lay up pic.twitter.com/3iRtEkESve — Stéphane Kohler (@StephaneKohler) June 13, 2015 »

Naturellement, personne ne s’est dévoué dans les rangs colombiens pour rapporter les faits à l’arbitre. Dans l’intention, ça ne diffère pas vraiment du geste de l’Uruguayen Luis Suarez, auteur d’une main dans sa surface lors d’un quart de finale de Mondial contre le Ghana en 2010.



« La Colombienne a été plutôt maligne », reconnaît l’ancienne internationale française Stéphanie Mugneret-Béghé. Des petits coups de vice, elle assure en avoir vu pas mal au cours de sa carrière achevée en 2005, même si les simulations ont mis un peu plus de temps à arriver. « Quand j’ai commencé au début des années 90, personne ne le faisait. Puis c’est arrivé progressivement et on l’a intégré. Quelque part, ça fait partie du jeu. »

« Les enjeux sont devenus de plus en plus importants au fur et à mesure que ce sport a progressé donc on s’est inspirés des garçons, résume l’ancien entraîneur de l’OL et consultant d'Eurosport, Patrice Lair. Ça vient avec l’expérience, ce sont des petites ficelles pour être plus performants. »

Non, elles n’hésitent pas à faire des sales coups

Elle s’appelle Elizabeth Lambert et son coup de sang a fait le tour des médias du monde entier. En 2009, cette joueuse d’une équipe universitaire du Nouveau-Mexique pète un plomb et inflige tacles assassins, tirages de cheveux et coups de coude à ses adversaires.



On vous rassure, un tel extrême reste un cas isolé. Plus proche de nous, parlons de la Colombienne Lady Andrade et de son coup de poing en pleine course infligé à l’Américaine Abby Wambach aux Jeux olympiques 2012. Mention spéciale pour la discrétion.



Chez les Bleues, la joueuse du PSG Kheira Hamraoui sait aussi se faire respecter, comme le montre cette petite compilation de coups lors d'une rencontre de championnat contre Soyaux.



Côté anglais, on n’a toujours pas décoléré du coup de coude pris par Laura Bassett dans un duel avec la Française Camille Abily lors du premier match de la compétition. Alors oui, on met des coups - et on en prend - en football féminin. Certaines sélections, comme l’Australie ou le Canada, ont ainsi la réputation de savoir durcir le jeu.

« Ça part moins vite en confrontation physique que chez les hommes mais il y a des petits coups en douce. Tirer les cheveux ? C’est trop voyant. On utilise l’astuce classique du doigt dans les côtes lorsque l’adversaire saute, explique Stéphanie Mugneret-Béghé. A mon époque, les Italiennes tentaient tout pour nous faire disjoncter. L’une d’elles s’était mouchée dans mon maillot. Bon, j’avais réussi à l’échanger avec une de ses partenaires après le match. »

Non, elles ne sont pas là juste pour le beau jeu

La Coupe du monde féminine, refuge du football total ? On suggère aux partisans de cette idée de se regarder la défaite des Bleues contre la Colombie. On vous résume : c’est l’histoire d’une équipe plus forte techniquement et favorite de la rencontre - la France - qui se fait surprendre une formation regroupée et accrocheuse. « La Colombie a bien joué en contre, elles ont deux occasions et ça fait deux buts, résume la latérale française Jessica Houara-d’Hommeaux. Nous, on en a dix et on n’en met pas. » Bref, tout ce qu’il y a de plus banal.

Mondial féminin : Whatsapp et maillot de madame au foot, voici la vie d'« homme de footballeuse »

« C’est vrai que l’on prône un football offensif mais on a appris à gérer nos rencontres, explique Patrice Lair. Avant, ça ne calculait pas trop et on voyait des équipes complètement déséquilibrées sur le terrain donc beaucoup de buts. Là, certaines équipes ont appris à garder un score et à faire déjouer l’autre. »

« Le gain de temps et l’antijeu peuvent te permettre de gagner une rencontre donc on s’en sert, poursuit Stéphanie Mugneret-Beghé. Ce n’est pas parce qu’il y a moins d’argent que c’est tout beau. On n’est pas mieux que chez les mecs, c’est juste que ça se passe comme ça sur un terrain. »