Sepp Blatter, président de la Fifa, alors qu'il vient d'annoncer sa prochaine démission, le 2 juin 2015.
Sepp Blatter, président de la Fifa, alors qu'il vient d'annoncer sa prochaine démission, le 2 juin 2015. - VALERIANO DI DOMENICO / AFP

A vrai dire, personne ne s’y attendait. Mardi, en début de soirée, Sepp Blatter a annoncé qu’il allait démissionner de la présidence de la Fifa. Une décision surprenante : si son bébé est sous le feu des critiques depuis une semaine après les scandales de corruption, Blatter avait remporté facilement l’élection vendredi dernier pour décrocher son 5e mandat.

Pourquoi Blatter démissionne-t-il maintenant ?

Il y a deux façons d’expliquer ce revirement soudain de la part de Blatter. D’un côté, l’historique dirigeant de la Fifa a peut être finalement compris l’indécence d’un nouveau mandat. Depuis mercredi dernier, les révélations s’enchaînent, grâce à la justice américaine, sur des faits de corruption entourant les attributions des Coupes du monde. « Même si j’ai été réélu, je n’avais pas le soutien de tout le monde du foot. La Fifa fait face à des défis qui ne s’arrêtent pas, a besoin d’une profonde restructuration. Je chéris la Fifa et le football plus que tout et je ne veux que leur meilleur », a expliqué Blatter mardi soir. On peut aussi imaginer que Blatter sent le vent du boulet se rapprocher. Après avoir clamé qu’il ne pouvait pas « surveiller tout le monde », les révélations concernant Jérôme Valcke, son secrétaire général, laissent à penser qu’il pourrait finir par être rattrapé en personne par les affaires.

Comment l’élection va se passer ?

Non, Sepp Blatter ne va pas quitter son bureau à la première heure mercredi matin. « Je continuerai à exercer tant que la nouvelle élection a lieu », a t’il expliqué dans son annonce. Oui, mais quand ? Pas tout de suite, c’est certain. D’un côté, le prochain congrès de la Fifa se tiendra en… mai 2016. De l’autre, il faut « aller le plus vite possible » selon Blatter, qui souhaite aussi laisser un peu de temps aux candidats potentiels. Du coup, un congrès extraordinaire devrait être appelé entre « décembre 2015 et mars 2016 », a déjà fait savoir la Fifa. D’ici là, Blatter va se « concentrer pour engager des réformes ambitieuses ». Hum.

Qui peut lui succéder ?

Le candidat le plus logique à l’élection est le perdant de celle de vendredi dernier, le Prince Ali Bin Hussein. Laminé par Blatter, passé à deux doigts d’une élection au premier tour malgré les scandales, le Jordanien faisait un peu office de candidat par défaut pour les opposants les anti-Blatter. Il a déjà annoncé sa volonté de se présenter une nouvelle fois. Tout comme David Ginola, qui s’était retiré de la course beaucoup plus tôt, aurait déjà annoncé son intention de retenter sa chance.

 

Lui aussi candidat avant de jeter l'éponge, le Néerlandais Michael van Praag n'a encore rien décidé mais a salué «très bonne nouvelle». Enfin (surtout ?), il n’est pas interdit que Michel Platini se décide à quitter l’UEFA et à tenter sa chance. Le Français a toujours dit qu’il ne se présenterait pas tant que Sepp Blatter serait là. Et cette fois, la route semble donc dégager. A moins que le Valaisan change d’avis d’ici l’élection…

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