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Incidents de Nice-Saint-Etienne: Les mesures pour éradiquer la violence dans les stades sont-elles efficaces?

Incidents de Nice-Saint-Etienne: Les mesures pour éradiquer la violence dans les stades sont-elles efficaces?

FOOTBALL – Alors qu’une enquête est ouverte après les agissements de supporters de Saint-Etienne lors d’un déplacement à Nice…
Antoine Maes

Antoine Maes

Ce sont des images qu’on croyait appartenir au passé. Dimanche à Nice, des supporters de Saint-Etienne ont donné un triste spectacle, en tentant de se confronter à leurs homologues niçois. Alors que l’enquête est en cours, 20 Minutes a demandé à Nicolas Hourcade, sociologue et coauteur du livre vert du supporter en 2010, d’évaluer les mesures potentielles.

Interdire les déplacements des supporters? «Si nous n'arrivons pas à régler ce problème définitivement, ça finira par une interdiction systématique des déplacements, ce que personne ne souhaite.» C’est Frédéric Thiriez lui-même qui a proposé cette mesure. Pour ne plus voir des actes comme ceux du Nice-Saint-Etienne de dimanche, il y a une solution simple: ne plus avoir de supporters adverses en tribune.

Pour Nicolas Hourcade, «ce n'est pas une mesure à rejeter dans l’absolu». Mais le sociologue prévient que dans ce cadre, «il ne faudrait pas être manichéen». «Il faudrait autoriser les déplacements sur le principe. Et n'avoir recours à une interdiction que pour des situations très difficiles à gérer, où on n’est pas certain de pouvoir assurer la sécurité et où il y a un coût pour la collectivité».

Installer des interlocuteurs chez les ultras? Depuis plusieurs mois, les dissolutions et autodissolutions de groupes ultras se multiplient. Même à Saint-Etienne, où les Green Angels, incriminés dans les incidents, n’existent plus officiellement depuis le mois d’octobre. La disparition des groupes ne provoque pas la fin des incidents. Au contraire, puisque les clubs et les pouvoirs publics n’ont plus d’interlocuteurs officiels avec qui discuter. Faut-il militer pour leur retour? «En dialogue avec les supporters, la France n’est pas bonne. L’UEFA exige que les clubs aient tous un officier de liaison avec eux, or nous sommes un des seuls pays à ne pas avoir mis en place cette réforme», explique Nicolas Hourcade.

En Allemagne - «où ce n’est pas le monde des bisounours non plus», continue Hourcade - «les projets de supporters, menés par des travailleurs sociaux, constituent des intermédiaires utiles». En Ligue 1, le tout répressif a un inconvénient majeur: «solidariser certains supporters non-violents avec les plus virulents. Le dialogue ne va pas tout résoudre, mais ça permet de distinguer les supporters hyper violents de ceux qui sont prêts à discuter», reprend le sociologue.

Pénaliser les clubs en cas d’incidents incombant à leurs supporters? Pourquoi l’ASSE ne devrait pas payer (financièrement ou en points) pour les incidents de Nice? Si le club visiteur n’est pas pénalement responsable du déplacement de ses supporters, il l’est peut-être moralement. «Il faut donner aux clubs une obligation de moyens, pas de résultats. Un club qui fait tout parfaitement n’est pas à l’abri d’un excité qui pète un plomb. En revanche, si un club ne respecte pas ses obligations par rapport à ses supporters, il est légitime de le sanctionner», explique Nicolas Hourcade. Par ailleurs, pénaliser les clubs, c’est courir le risque de les voir se retrouver pris en otage par la frange la plus virulente de leurs ultras. «Un groupe en conflit avec son club pourrait lui coûter des points en provoquant des incidents», assure Nicolas Hourcade.