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Coupe du monde de rugby : Quand les All Blacks font semblant d’avoir peur des Bleus
RUGBY –•Les joueurs néo-zélandais ne croient pas au remake de 2007…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Swansea,
Il y avait quelque chose de cocasse à retrouver les All Blacks de Richie McCaw à Swansea, le nouveau club de Bafé Gomis. Entre rois du hors-jeu, on doit avoir des choses à se raconter. Mais jusqu’à preuve du contraire, le capitaine néo-zélandais n’a pas croisé notre rasta préféré en se baladant en ville. D’autant que ladite ville est assez loin de l’université, où les « tout noirs » préparent leur quart de finale face aux Bleus, dans une bonne humeur dérangeante. Ce n’est pas faute d’avoir cherché la peur dans le regard de Kieran Read, Jerome Kaino, ou Ben Smith. Est-ce que vous dormez bien la nuit ? Pas de démangeaisons soudaines de petits Dominici derrière les oreilles ? Pas de cauchemar dans lequel un méchant Traille fait des passes en avant à la chaîne ? Aucune allergie à Wayne Barnes dans les parages ? Non ? Sûr de sûr ? Sacrebleu, c’est quand même le « umpredictable-french-try-du-bout-du-monde-et-des rebonds-chatards » en face !
Comme les Blacks sont des gens bien élevés, ils ont cherché à nous faire plaisir. Vraiment, c’était mignon. Enfin le peu qu’on a compris, hien, l’accent néo-zélandais, c’est quelque chose. Ben Smith : « On s’attend toujours à la meilleure équipe française possible en face. Ils ont gagné assez de matchs pour être là. Les Français croient toujours en eux, on se prépare à un grand match de rugby. Leur pack est toujours très puissant, c’est une équipe qui met une grosse pression physique, on ne pourra pas en garder sous la semelle ». Dan Carter, futur ouvreur du Racing. « J’ai appris une chose, les Français adorent jouer les All Blacks dans les gros matches, et ce week-end ce sera exactement cela. Une de leurs forces, c’est de pouvoir se transfigurer. Il suffit de regarder la dernière Coupe du monde : en mauvaise forme lors de la phase de poules, ils étaient devenus une équipe totalement différente ensuite. »
« Welcome to campus @AllBlacks Charlie Faumuina, @JeromeKaino & Kieran Read face the press @sportswansea pic.twitter.com/G2gRq8I0BF — Swansea University (@SwanseaUni) October 13, 2015 »
Il y en a même un, le comique de la troupe, qui nous a refait le coup du french flair. « La France, il faut toujours s’attendre à tout avec elle, le french flair, et ce genre de choses. Je suis sûr qu’on aura ce que la France sait faire de mieux en face. C’est une équipe qui a une vraie passion pour la Coupe du monde, comme nous ». On te voit te foutre de nous Kieran Read, du haut de tes 43 victoires sur les 46 derniers matchs depuis la finale du Mondial 2011. On pourrait d’ailleurs choisir de croire qu’après tant de grossièretés, les types rentrent se taper des barres de rire en regardant la deuxième mi-temps de France-Irlande. Bref qu’ils vont nous prendre de haut, comme en 2007, quand Graham Henry expliquait en se tapotant sur le ventre que n’importe lequel de ses 14 arrières ferait l’affaire pour mater les Bleus.
Mais ce n’est pas le sentiment d’Andrew Saville, le Christian Jeanpierre local, présent lors du quart de la honte il y a huit ans. « A l’époque, on sentait une véritable nervosité chez les joueurs, qui craignaient un peu les matchs à élimination directe propres à la compétition. On les sent plus relaxes, plus sereins. La victoire de 2011 a changé les choses. Il n’y a plus cette mystique des exploits français en Coupe du monde, aujourd’hui on a dépassé ça, même si on déteste toujours autant Wayne Barnes (rires) ». A ce sujet, dommage que l’IRB n’ait pas été un peu plus joueur : c’est Nigel Owens qui arbitrera le match de samedi. Il faudra donc éviter les passes un peu trop en-avant.


















