L'équipe de France de basket féminin, après sa victoire contre la Russie en demi-finale des Jeux olympiques, à Londres, le 9 août 2012. 
L'équipe de France de basket féminin, après sa victoire contre la Russie en demi-finale des Jeux olympiques, à Londres, le 9 août 2012.  - J F. MOLIERE/MAXIBASKET/SIPA

Anthony Davière

«Nous vivions dans une bulle à Londres. Nous étions à 10.000 lieux de penser qu’il y avait un tel engouement en France». Pierre Vincent, le coach de cette équipe féminine de basket, résume l’état d’esprit dans lequel se trouve le groupe rentré de Londres. Accueillies par des milliers de fans dès la descente de l’aéroport, les médaillées d’argent n’y croient toujours pas. «On plane. La descente des Champs-Elysées hier (lundi), c’était magique, du pur bonheur. Des gens criaient nos prénoms, j’ai même reçu une demande en mariage!», raconte la meneuse tricolore, Céline Dumerc. Trois jours après la finale perdue face aux Etats-Unis (86-50), les Bleues n’ont toujours pas retrouvé leurs esprits. Mais même si ce dernier match laisse forcément quelques regrets (score lourd), toutes mesurent la portée de leur exploit. Même dans leurs rêves les plus fous, elles n’auraient jamais imaginé devenir vice-championnes olympiques.

«La seule façon d’exister aux JO, c’est de gagner»

Qualifiée au dernier moment par le biais du TQO (tournoi qualificatif olympique), l’équipe de France a ensuite relâché la pression. Une erreur qui leur a certainement permis d’en arriver là aujourd’hui, si l’on en croit Edwige Lawson-Wade: «On a disputé un tournoi amical en Angleterre qu’on a totalement raté. Le coach nous a remis la tête sur les épaules. Aller aux JO d’accord, mais avec des ambitions». Le sélectionneur a toujours cru en le potentiel de cette équipe. Depuis le début, et notamment depuis le titre au dernier championnat d’Europe, il savait ses Bleues capables de réaliser de grandes choses. Alors pour les motiver, il a tenté de les piquer dans leur orgueil. «Au village olympique, les filles ne connaissaient peut-être qu'un pour cent des athlètes. Dans cet environnement, tu n’es personne. Je leur ai expliqué que pour exister, pour faire parler d’elles, il fallait gagner. Je crois que le message est passé », en sourit aujourd’hui Pierre Vincent.

Le championnat d’Europe en ligne de mire

Conscientes d’être la meilleure équipe du continent, les «braqueuses», comme elles sont surnommées, ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin. Toutes n’ont qu’une idée en tête: surfer sur cette vague populaire et disputer un championnat d’Europe inoubliable en France. «En 2013, nous serons favorites, c’est logique. Et je pense que le faire ici (en France) est la meilleure chose qui soit», analyse Céline Dumerc. Dans la lignée du succès des Jeux olympiques, les Bleues pourront compter sur un soutien sans faille. Seulement quelques mois après l’exploit réussi à Londres, il est certain que l’engouement ne sera pas retombé. De quoi laisser l’intérieur Emeline N’Dongue rêveuse: «Nous avons besoin du soutien, c’est vraiment génial d’être encouragées. Alors devenir championnes d’Europe en France, ce serait tout simplement l’apothéose».