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Londres 2012: Pour aller chercher le bronze, Gévrise Emane a dû «débrancher le cerveau»

Londres 2012: Pour aller chercher le bronze, Gévrise Emane a dû «débrancher le cerveau»

JO/JUDOFavorite, la Française a bataillé toute la journée contre le stress pour arracher une médaille...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Londres,

«Horrible». «Pourrie». «Très dure». Pour qualifier sa journée à l’ExCel Center de Londres, Gevrise Emane a balayé tout le champ lexical de la lose. Et pourtant, elle a bien ramené une médaille de bronze. Rangée parmi les favorites, la Française a pour cela dû passer par les repêchages, et a conclu sa journée sans marquer sur un mouvement. «C’est la médaille du courage et de l’effort», sourit la judokate.

Ni blessée, ni malade, Emane a souffert d’un mal qui avait causé sa perte dès le premier tour à Pékin il y a quatre ans: un gros coup d’angoisse. «Hier soir, ça allait. Mais ce matin, je suis parti faire un tour, et c’est tombé, j’étais vraiment pas bien. Je me suis mis la pression toute seule, comme une petite fille» enrage la double-championne du monde (en -70kg puis en -63kg). Entre chacun de ses combats, même victorieux, on l’a vu partir se réfugier vers la coach des Bleues, Martine Dupond.

Pour y pleurer quelques larmes d’incompréhension et tenter de se refaire un mental. «Quand elle m’a dit qu’elle n’allait pas bien du tout, j’ai essayé de la concentrer sur des choses très concrètes, pour éviter que son esprit parte ailleurs», confirme Dupond. De fait, ce n’est qu’une fois sortie de la course à l’or qu’Emane a commencé à se sentir plus légère. «J’ai débranché mon cerveau, et puis j’ai fait ce que j’avais à faire», conclut Emane. Sans doute la médaille la moins fêté des JO.

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