Rugby: l'équipe de France a déjà trop attendu Maxime Mermoz
COUPE DU MONDE DE RUGBY•Remis de sa dernière blessure en date, le trois-quarts centre de Perpignan veut enfin prendre son envol avec les Bleus dimanche contre le Canada...De notre envoyé spécial à Auckland, Alexandre Pedro
A force d’attendre Maxime Mermoz, le rugby français a presque perdu patience. Pas Marc Lièvremont. Le sélectionneur a toujours accordé une place à part au trois-quarts centre de Perpignan. Pourtant, à 25 ans, son vécu avec les Bleus se résume à neuf sélections entrecoupées d’un enchaînement de blessures à vous flinguer le moral. De ses allers-retours incessants entre le terrain et l’infirmerie, l’intéressé en tire un détachement à toutes épreuves. «Je comprends qu’on dise que je suis un joueur fragile. Je joue au rugby depuis mes quatre ans et j’ai toujours eu des pépins, mais je reste persuadé que la roue va tourner», espère-t-il à cinq jours de débuter son premier match de Coupe du monde contre le Canada. Pour l’occasion, le sélectionneur a décidé de l’associer à son partenaire de club et de chambre, David Marty.
Même s’il ose à peine le dire, Maxime Mermoz sait qu’il bénéficie d’un statut particulier en équipe de France. En dehors d’une victoire contre l’Afrique du Sud à l’automne 2009, le Vosgien ne compte aucun match référence. Ce qui n’a pas empêché Marc Lièvremont de lui garder une place dans l’avion malgré un nouvel arrêt maladie depuis février dû à une blessure à l’épaule contre l’Ecosse. Le talonneur Guilhem Guirado, mesure la pression qui pèse sur son coéquipier et ami. «Il doit en avoir gros sur le cœur. A chaque fois qu’on a cherché à l’installer en équipe de France, il a toujours eu une blessure pour venir le contrarier. Mais je sais qu’il a le talent pour s’imposer.»
«Je ne vais pas demander à sortir au bout de dix minutes»
Talent, le mot revient en boucle quand il s’agit d’évoquer le cas Mermoz. Depuis son titre de champion de France en 2009 avec l’Usap, celui qui a osé claquer la porte au nez à Guy Novès et au Stade Toulousain pour protester contre son manque de temps de jeu est attendu comme le trois-quarts centre capable de remettre vitesse et inspiration dans la ligne l’attaque tricolore. «Les attentes? Il faut savoir que je suis le premier à en avoir», souffle-t-il.
Remis d’une entorse du genou contre l’Irlande mi-août, Maxime Mermoz avoue ne pas être encore au sommet de sa forme physique. «Mais je vous rassure, je ne vais pas demander à sortir au bout de dix minutes.» Prouver qu’il est capable de finir un match avec le XV de France voilà déjà une première petite victoire pour lui. Et si le physique tient, il ne reste plus qu’a laissé parler le talent. Enfin.


















