Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Coupe du monde: Aguirre, Aztèque saignant

Coupe du monde: Aguirre, Aztèque saignant

Mondial2010L'entraîneur mexicain, sanguin au possible, défie Maradona et l'Argentine en 8e de finale...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Pretoria,

On nous l’avait vendu comme une terreur. Un dur, un tatoué. Et on a été déçu. Samedi soir, Javier Aguirre est passé en conférence de presse. Planqué sous sa casquette, ne levant sa mâchoire carrée que pour apercevoir son interlocuteur, blotti dans le fond de la salle. Avant d’affronter l’Argentine, le sélectionneur mexicain est de mauvais poil. «Visiblement, il n’a pas aimé du tout le traitement de la presse au pays, qui lui a reproché la défaite contre l’Uruguay», explique un journaliste mexicain. Il faut dire que c’est allé loin, un député allant jusqu’à réclamer de l’auditionner devant le parlement sur ses choix tactiques.

«Les gens pensent qu’on est mort»
A Soccer City, samedi soir, «El Vasco» (le Basque) n’a donc que très peu desserré les mâchoires. «On n’est le favori de personne. Les gens pensent qu’on est mort, personne ne parierait le moindre dollar. On verra après les 90 minutes si on peut changer l’histoire», lâche le Mexicain, visiblement agacé. Un plan anti-Messi? «Mon ami, vous verrez demain». Un message pour ses détracteurs? «Je n’ai rien à leur dire.» La seule réponse qui l’importe, Aguirre compte bien la donner sur le terrain. Comme il l’a toujours fait depuis ses débuts d’entraîneur. Ses faits d’arme? Avoir emmené le modeste Osasuna au tour préliminaire de la Ligue des Champions et tenu trois ans sur le banc le plus instable de la Liga, celui de l’Atletico Madrid.

Pompier de service à l’image brouillée
C’est son rapport à la «Tricolor» qui est un peu bizarre. Javier Aguirre a emmené le Mexique deux fois en Coupe du monde. A chaque fois, il n’avait pas entamé les éliminatoires sur le banc. Pompier de service et meneur d’homme, c’est lui qui a sorti la sélection de l’ornière. N’empêche, son image au pays est brouillée. Parce qu’il a un jour filé un coup de pied en plein match à un joueur panaméen. Qu’il a balancé en février sur une radio espagnole que «le Mexique était foutu». Pour se faire pardonner, il n’a rien trouvé de mieux qu’un spot télé grandiloquent payé par les chaînes proches du pouvoir mexicain. Le mieux pour dissiper le malentendu serait qu’il emmène les Mexicains loin, très loin dans la compétition.