Ladji Doucouré: «Je n'ai rien à prouver aux gens»
ATHLETISME•Le spécialiste du 110m haies se dit dans les temps de sa préparation...Propos recueillis par Matthieu Payen
Ladji Doucouré blessé, on connaît. Le champion du monde 2005 du 110 mètres haies n’a jamais été épargné par les mauvais coups. En mars dernier, ses ischio-jambiers le lâchent lors des Mondiaux d’athlétisme en salle à Doha. Encore une saison galère? Pas si l’on en croit l’intéressé.
Depuis votre blessure en mars, on ne vous a pas vu. Comment vous sentez-vous?
Ça va. Je viens de terminer ma période d’entraînement la plus intense. La semaine dernière, je faisais des séances biquotidiennes, j’étais explosé. Mais maintenant, ça va mieux.
Avec cette blessures, vous n’avez pas l’impression d’avoir perdu un peu de temps dans votre préparation par rapport à vos adversaires?
Non, on a tous un rendez-vous, après chacun place ses entraînements en fonction de ce rendez-vous. A partir du moment où tu es là, le jour-J, peu importe le chemin que tu prends. Ça me fait marrer les gens qui disent que je ne courre pas assez souvent en compétition. Mais qu’est-ce que j’en ai à faire? Vous me verrez le jour où il faudra être là.
Vous n’avez pas besoin de repère?
Si, évidemment. Je ferai des compétitions. Je vais courir au moment où il faudra courir. Je sais quand je ferai ma rentrée.
Et c’est quand?
Je ne vous le dirai pas. Je reste concentré sur mon entraînement. Je n’ai rien à dire ou à prouver aux gens. Ca y est, parce que c’est le début des compétitons, il faut que tout le monde coure? Faut arrêté.
On vous sent agacé…
Oui, tout le monde me dit «Tu es tout le temps pêté, tu ne cours jamais». Mais venez me voir courir à l’entraînement, vous verrez. Je sais où j’en suis et je suis dans les temps. Il ne faut pas faire la course aux meetings. Moi, j’ai mes dates et je sais comment je dois reprendre.
Mais avant les championnats de France, on va vous voir en compétition?
Oui, deux fois peut-être. J’ai pas besoin d’en faire plus, pas envie. C’est un choix entre Renaud [Longuèvre, son entraîneur] et moi. Mais là, je bosse. Je suis revenu la base et je sens que ça vient. L’heure de ma rentrée viendra quand je l’aurai choisi.
On peut s’attendre à revoir le Doucouré de 2005 [l’année où il devient champion du monde]?
Si je fais les choses comme il faut, pourquoi ça reviendrait pas? Je suis beaucoup plus impliqué dans mon travail qu’en 2005. Avec l’expérience, j’ai appris à quoi servait les entraînements. Donc, maintenant je sais très bien ce qu’il faut faire pour retrouver de bonnes sensations. Et je sais qu’il ne faut pas être trop pressé.


















