• 420 évènements, quelques gros coups comme le Tour de France ou les demi-finales du rugby, quelques échecs, aussi, comme la demi-finale de Coupe Davis...
  • L'année Marseille capitale du sport se termine. Y-a-t-il eu assez de retombées pour les sportifs marseillais?

La capitale des capitales. La culture en 2013, le sport en 2017, et bientôt le tourisme ? A Marseille, on aime beaucoup les labels. Belle idée ou belle arnaque, cette capitale du sport ? Le projet touche à sa fin, avec comme dernier événement d’envergure les championnats du monde de squash, ce week-end.

Petite indiscrétion maison : le service des sports de la mairie de Marseille est justement en train de réaliser un sondage auprès des organisateurs d’événements labellisés. 420 championnats, courses et « contests » en tout genre, du Top 14 au paddle-yoga, du Tour de France au ju-jitsu brésilien. Richard Miron, l’élu en charge des sports, l’assure : « Les chiffres sont très très très très positifs » (quatre fois, oui).

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Près de la moitié du budget en communication, selon nos infos

En attendant la publication de ce bilan officiel, on a tâté le terrain auprès de quelques organisateurs, directement. Premier coup de téléphone à la Fédération française de danse, organisatrice du championnat du monde de danse sportive. Alors, heureux ? Sans exagérer, on a alors trois bonnes secondes de « euuuuuuh » au bout du fil. Et ensuite (sic, comme on dit) : « Disons que bon oui euh pour nous la capitale du sport ça a apporté de la visibilité, mais bon disons que ça ne s’est pas vraiment traduit en termes de fréquentation. » Déception, donc.

Même question à Jean-François Caujolle, patron de l’Open 13 de tennis : « Soyons francs, ça n’a rien changé pour nous en termes de fréquentation. » Mais « c’est normal », ajoute-t-il immédiatement : « On est un événement bien installé ! Je pense que Marseille capitale du sport a par contre été un coup de booster pour de petits événements, et ça, c’est super ! »

Difficile, pour l’instant, de « chiffrer » ce coup de booster, pour un projet qui présente au total plusieurs dizaines de millions d’euros d’argent public :

  • Tout compris, le budget sports de la mairie se chiffre à 90 millions d’euros en 2017, contre plutôt 70 les années précédentes.
  • Le Conseil départemental a investi 15 millions « dans la politique sportive ».
  • La Région a mis quatre millions d’euros sur la table pour labelliser des projets.

Le festival « Marseille capitale du sport », en lui-même, a coûté quatre millions d’euros à la Ville, selon un rapport, encore confidentiel, que nous nous sommes procurés. Sur ces quatre millions, 1,5 est consacré à l’information et la communication. « Près de la moitié du budget en communication, tout est dit », s’agace Benoît Payan, leader de l’opposition socialiste au Conseil municipal. « La com', ce n’est pas un gros mot, s’énerve l’élu de la majorité LR Richard Miron. A quoi ça sert de faire des choses si on n’informe pas les gens ? C’était un des objectifs de Marseille capitale du sport ! Que les gens s’approprient le truc… La preuve, c’est qu’on avait des événements qui n’étaient pas labellisés qui nous demandaient le logo… "Mais oui, allez-y, c’est super !" »

Marseille (enfin) dans les bons réseaux

« C’est clair, les retombées réelles seront plus médiatiques qu’économiques », confirme l’économiste du sport Lionel Maltese. Il fait un bilan tout en nuance de l’opération :

Ça peut changer la perception du sport à Marseille, sur le sport en entreprise par exemple, on voit des boîtes qui ont développé leurs pratiques ! Quant aux événements comme le Tour de France, il faut voir si ça fait venir des licenciés. Et est-ce que certains projets peuvent se pérenniser ? Red Bull revient, on voit aussi que la capitale du sport soulève certains leviers… Par exemple, la demi-finale de Coupe Davis au Vélodrome, ça ne s’est pas fait, mais Marseille est rentrée dans ces réseaux-là… »

Effectivement, la mairie sait (et veut) désormais monter, même en urgence, un dossier de candidature. D’ailleurs, après un lobbying intensif, elle a obtenu un match du tournoi des VI Nations, en février prochain (bon, celui contre l’Italie, hein…). Mais pour Benoît Payan, c’est un peu comme le Tour de France : « Bien sûr qu’on aurait eu le Tour sans la capitale du sport ! On parle de la deuxième ville de France ou d’une sous-préfecture corrézienne ? »

On ne veut pas insulter nos amis corréziens, mais on se dit parfois qu’il serait plus simple de trouver une piscine dans un état correct à Brive-la-Gaillarde ou à Ussel qu’à Marseille… C’est l’autre cheval de bataille de l’élu socialiste Benoît Payan : les infrastructures sportives. « On a fait dans les strass et les paillettes, mais la mairie ferait mieux de réparer les stades et les gymnases dont les toits fuient, et les piscines, évidemment… »

Plongée dans les chiffres des piscines

On l’a fait, répond Richard Miron : « Si on regarde le budget des investissements, avant on mettait entre 10 et 12 millions par an… Là, on a mis cinquante millions sur trois ans, c’est un héritage très concret, très solide ! »

Quant au dossier des piscines, il plonge dans ses fiches pleines de chiffres : « On a mis 3,5 millions à Vallier, un million à la Pointe Rouge, près de trois millions à La Granière, égrène-t-il (citation non exhaustive). Les choses se sont améliorées ! Je ne dis pas que tout est fini, hein, on a encore des progrès à faire… » En 2018, Marseille, capitale des piscines ?