Un skieur vénézuélien expulsé de France parce que des policiers pensaient qu'il se moquait d'eux

POLEMIQUE Adrian Solano n'a pas pu s'entraîner pendant un mois alors qu'il s'apprête à disputer les championnats du monde de ski nordique...

W.P., avec AFP

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Ski de fond (illustration)

Ski de fond (illustration) — JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Adrian Solano ne gardera pas un souvenir mémorable de la France. Le skieur vénézuélien, dont l'objectif est de participer aux championnats du monde de ski nordique à Lahti, du 22 février au 5 mars, a été bloqué pendant un mois à Paris, où il passait initialement pour une simple escale alors qu'il devait se rendre en Suède.

Des papiers en règle et une invitation

Arrêté par la police, le skieur a fini par être expulsé de l'Hexagone selon des critères qu'il juge discriminatoires. « Quand je suis arrivé à Paris, le 19 janvier, j'ai expliqué que j'allais en Suède pour m'entraîner. Ils n'ont pas cru que je faisais du ski au Venezuela (...) Je n'avais que 28 euros et les policiers m'ont accusé d'immigration parce que ça se passait mal dans mon pays », explique Solano.

.Ce dernier assure avoir été retenu pendant six heures malgré des papiers en règle et une lettre d'invitation de son entraîneur et des quatre autres skieurs de la délégation vénézuélienne de la compétition.

Envoyé plusieurs jours dans un hôtel de Paris jusqu'à ce qu'il rencontre un juge pour lui « démontrer qu'il se rendait à la compétition », il a finalement été renvoyé et dû demander de l'aide au consulat du Venezuela à Paris qui lui a acheté un billet de retour, explique-t-il.

Solano figure dans la base de données de la Fédération internationale de ski
Solano figure dans la base de données de la Fédération internationale de ski - Fédération internationale de ski

« Ils ont dit que le ski au Venezuela n'existait pas »

« A cause de mon style vestimentaire, de ma tête ou de mes traits ils m'ont discriminé. Maintenant je suis désavantagé, j'ai perdu un mois d'entraînement sur la neige », déplore Adrian Solano, ajoutant que faire de la compétition est son rêve.

César Baena, son entraîneur, a condamné le traitement infligé à son skieur qui doit prendre part à la compétition dès jeudi. « La police s'est moquée de lui, ils lui ont dit que le ski au Venezuela n'existait pas. » En Jamaïque, le bobsleigh n'est pas censé exister non plus...