La Premier League est blindée? Ok, mais les fans en ont marre de payer des fortunes
FOOTBALL•Les supporters anglais partent en guerre contre la prix des places...Antoine Maes
On le sait, la Premier League est pétée de thunes. Elle l’est tellement qu’elle a fait une sacrée annonce ce mardi. Dès la saison prochaine, elle n’aura plus besoin de faire raquer un sponsor pour qu’il colle son nom à côté de son logo. C’est vous dire si les fins de mois sont compliquées en Angleterre. C’est que le trésor de guerre de 10,6 milliards d’euros arraché aux diffuseurs lui permet de voir venir. Et si cette manne permet quelques fantaisies, comme débaucher à prix d’or le premier joueur à sortir une demi-saison potable en Ligue 1, certains sont assez furax de toujours devoir racler le fond de leur porte-monnaie.
« Read more about the Premier League’s new look : https ://t.co/FF56pOFlS9 pic.twitter.com/fCursGNkyQ — Premier League (@premierleague) 9 Février 2016 »
On parle évidemment des derniers fans à se saigner pour arracher des tickets à des prix exorbitants. C’est le cas à Liverpool, où 10.000 fans des Reds ont quitté le stade le week-end dernier pour protester contre la dernière hausse des tarifs en date. La place la moins chère à Anfield ? 47 euros. « Les clubs de Premier League bénéficient d’une augmentation globale de leurs revenus de trois milliards grâce aux droits télé. Et il y en a encore qui continuent d’augmenter les prix » peste Gareth Cummins, le porte-parole de la FSF, la fédération des supporters anglais.
Et encore, vous n’avez pas vu le prix de la bière (BPI/Shutterstock/SIPA)
Lui-même supporter de Liverpool, il a bien senti passer la nouvelle politique tarifaire. « Vous aviez des tickets à 10 (13 euros) ou 15 pounds (19 euros) en 1995. Si l’inflation du reste de l’économie s’appliquait au foot, ces tickets seraient autour de 25 livres (30 euros). Mon abonnement était à 650 pounds (830 euros), il est maintenant à 850 (1087 euros). Et c’était il y a huit ans. Il n’y a aucun autre secteur économique où vous voyez ce niveau d’inflation : Les billets de ciné ne sont pas à 25 livres ».
« £nough is £enough »
Alors forcément, les gars sont assez tendus. Les banderoles « £nough is £enough » fleurissent dans les stades. Les leaders des tribunes déclarent « la guerre à l’avidité ». Et les pétitions en ligne se multiplient. Jusqu’à quand ? Pour le moment, l’hypothèse d’une opération tribune vide dans tous les stades de Premier League, évoquée le week-end dernier, n’est pas encore prévue. Parce que les mecs ne désespèrent pas de faire entendre leurs arguments.
D’abord, la FSF a ciblé ses efforts sur une aide pour les supporters qui soutiennent leur équipe à l’extérieur. En faisant subventionner le prix par les clubs, ils espèrent obtenir un tarif unique (et abordable) de 20 livres par déplacement. Ce combat-là trouvera peut-être son épilogue en mars, lors de la prochaine assemblée des propriétaires des clubs de Premier League. Si la motion obtient 14 voix sur les 20, c’est parti pour les voyages en J9 au frais des milliardaires du foot.
« Premier League clubs have £8bn reasons to cut ticket prices NOW | @Ian_Ladyman_DM https ://t.co/HDtzlgO5Em pic.twitter.com/U6P4a3mwzZ — MailOnline Sport (@MailSport) 9 Février 2016 »
Gareth Cummins ne désespère pas : « On a de bonnes relations avec certains clubs. Avec d’autres, c’est plus dur, notamment ceux détenus par des gens aux USA ou dans le Golfe ». Suivez mon regard… Sachez quand même que la FSF n’est pas complètement rétrograde. « Les grands clubs qui vendent des packages avec des hôtels, qui font venir des gens de Norvège ou de Malaisie, ils doivent trouver l’équilibre, réclame le porte-parole. On accepte ces tickets à 120 livres (153 euros), mais l’argent qu’ils font avec ça devrait servir à subventionner les places les moins chères, pour les jeunes et les chômeurs ». Vu les tarifs, même un mec qui bosse doit avoir du mal à lâcher une somme pareille.


















