00:39
XV de France: Comment bien réussir son CV pour le futur sélectionneur?
RUGBY•Les candidats ont jusqu’à samedi pour se déclarer auprès de la Fédération…J.L.
Assez réfléchi, maintenant il faut y aller. Les candidats au poste de sélectionneur du XV de France - après le Mondial - doivent envoyer leur lettre de motivation et leur CV avant samedi au fameux conseil des sages qui décidera de leur sort. Que ceux qui ne se sont pas encore lancés se rassurent, ils ont encore toutes leurs chances: «On se réunira la semaine prochaine pour en parler, confie Jean-Claude Skrela, membre dudit conseil. Pour l’instant je ne connais pas les noms moi-même, mais ils doivent être nombreux». Cinq au moins, au dernier décompte. 20 Minutes donne ses conseils aux derniers retardataires pour emporter la mise.
A qui faut-il plaire?
A Pierre Camou avant tout. Le président de la FFR a pour habitude de décider de tout dans son coin (Liévremont…), même si promis, cette fois, «on fera ça le plus démocratiquement possible», explique Jo Maso à RMC. Si jamais c’était vrai, autant essayer de plaire au plus grand monde: à Serge Blanco qui viendra directement mettre son nez dans les affaires du staff à la première catastrophe, jusqu’à mettre les malheureux sous tutelle.
A la grande famille des barbarians français, qui ont le totem d’immunité en matière de critique tant qu’il n’y a pas un Grand Chelem qui tombe. A tous les entraîneurs du Top 14, ce ne sera pas un luxe quand il faudra leur prendre dix joueurs par an et en blesser la moitié sans se faire insulter en retour. Et puis à Mathieu Lartot. S’il vous a dans le pif, les téléspectateurs de France 2 aussi, ce qui fait du monde.
L'appel à candidatures lancé par la FFF. - 20 minutes
Que faut-il avoir fait avant?
Là, c’est assez ouvert, à partir du moment où Pierre Camou s’est dit prêt à étudier tout à fait sérieusement la candidature de Vincent Moscato. Les expériences précédentes montrent cependant qu’il y a des chemins plus faciles que d’autres pour être choisi: Avoir entraîné les moins de 21 ans par exemple, comme Raymond Domenech et Marc Liévremont. Fabien Pelous, le manager actuel des espoirs tricolores, pourra dire que ça fait finale de Coupe du monde à chaque fois.
L’expérience à l’étranger (Même si Saint-André…), chez qui tout est mieux, c’est bien connu, est également valorisée. En tant que manager, c’est bien, mais à défaut en tant qu’ancien joueur, ça fera l’affaire, n’est-ce pas Raphaël Ibanez? Galthié n’a ni l’un ni l’autre, mais l’ancien demi de mêlée des Bleus peut se targuer d’incarner la loose magnifique comme personne. Une finale de coupe du monde perdue, une finale de coupe d’Europe perdue, une finale du Top 14 perdue avec Montpellier…. Il est fait pour nos Bleus.
Quel projet faut-il proposer?
Sur cette partie, ne pas hésiter à en faire trop. De toute façon, le projet de jeu pour gagner la Coupe du monde dans quatre ans sera abandonné dés janvier après en avoir pris 30 au Millenium. Donc, pensez à utiliser les mots-clés qui vont faire briller les yeux du comité: «french flair, orgie de jeu, repartir de derrière, mort aux Anglais, Bègles-Bordeaux, balle à l’aile la vie est belle, Beauxis c’est qui, Plisson j’adore, retrouver du plaisir, interdit aux chandelles».
Notez quelques synonymes, parce que l’enfumage devra durer un moment: «On laissera sans doute deux/trois heures à chaque candidat pour s’exprimer, précise Skrela, c’est un enjeu important et on a un peu de temps devant nous». Bonus: si l’ambiance est bonne, la promesse de ne faire jouer que des joueurs français bien de chez nous ne mangera pas de pain.
Avec quel staff?
La composition du staff a toujours été un point sensible chez les Bleus. Il s’agit de ménager les susceptibilités des uns et des autres tout en représentant le mieux possible les forces du rugby français. Ainsi, la règle alternée du Biarrot (Lagisquet) et du Toulousain (Bru) a fait son temps. Comme pour le plan de jeu, le candidat qui veut faire la différence doit ici en mettre plein les yeux.
Tout le monde loue le jeu de passes des Béglais? Alors allons-y pour Vincent Etcheto entraîneur des lignes arrières. Le pack grenoblois impressionne? Boum, on prend Fabrice Landreau pour cornaquer les avants. Pour le jeu au pied? Jonny Wilkinson, évidemment, avant que les Anglais n’aient l’idée de s’en servir. Il y a besoin d’un coach mental? Philippe Lucas veut bien filer un coup de main. Si avec ça le conseil des sages n’est pas séduit….


















