Les enseignements d'un coup de jeune
FOOTBALL – Quel bilan tirer des deux matchs de l'équipe de France new look?Stéphane Alliès
Et si on avait assisté à une révolution de palais, à la manière des Pays-Bas de Van Basten ou de l'Allemagne de Klinsmann à la dernière coupe du monde. En deux matchs, certes contre les modestes Lituanie et Autriche, Raymond Domenech a définit les bases d'un aggiornamento bleu. Revue d'effectif de ce que pourrait être la nouvelle équipe de France.
Mexès, Clerc, Escudé... A l'arrière, du nouveau
Si la ligne défensive des Français semble en place depuis la Coupe du monde, autour d'un quatuor Sagnol - Thuram - Gallas - Abidal, la relève semble prête. Pilier d'une AS Roma conquérante, Philippe Mexès a montré son assurance et son autorité contre l'Autriche en première mi-temps. Toujours bien placé sur le terrain, il l'est désormais aussi pour prétendre à la succession d'un Lilian Thuram bientôt retraité. Côté arrières latéraux, un poste où la pénurie de talent est constante dans l'Hexagone, François Clerc et Julien Escudé ont également marqué des points. Dans son couloir droit, le Lyonnais a gratifié le public dyonisien de belles montées offensives, tandis que le pensionnaire du FC Séville peut profiter de sa polyvalence en latéral gauche ou en défense centrale, deux postes qu'il a occupé une mi-temps durant avec un succès égal contre l'Autriche.
Diarra / Diaby, la nouvelle loi du milieu
La révélation de ces deux matchs, c'est Lassana Diarra. Plein de culot et d'aisance technique, le petit gabarit de Chelsea, où il revendique et est en train d'obtenir une place de titulaire, a livré deux très belles parties. A ses côtés contre l'Autriche, Abou Diaby a aussi fait montre de belles qualités. Leur doublette, déjà assez complémentaire, a donné le sentiment, du moins l'espoir, d'une nouvelle paire Vieira-Makelele. Le mimétisme entre les deux doublettes est d'ailleurs assez frappant, un petit dur sur l'homme est bon rrelanceur avec une grande gigue bien placée et capable de chevauchées offensives.
Ne pas oublier non plus Rio Mavuba, qui a semblé contre l'Autriche un ton au-dessus de ses performances moyennes chez les Bleus de l'avant-Coupe du monde. Jérémy Toulalan en revanche a livré une performance très moyenne en Lituanie, où il s'est surtout illustré par un nombre de fautes dépassant l'entendement.
Nasri / Benzema, la jeune garde est d'attaque
Un but symbole. Samir Nasri qui combine avec Karim Benzema pour offrir la victoire à l'équipe de France, ce sont deux gamins de 19 ans qui illustrent tout le bien que l'on pense d'eux. Techniques, rapides et offensifs, ils ont animé le front de l'attaque contre l'Autriche. Le Marseillais a orienté le jeu en patron, comme il le fait avec l'OM en l'absence de Ribéry. Quelques pertes de balles mais de nombreux décalages intéressant et une capacité de conservation du ballon qui fait défaut aux Tricolores de puis le départ de Zidane. Le Lyonnais a lui montré qu'il était d'abord un attaquant, décisif en peu d'occasions. Soit l'inverse d'un Djibril Cissé, qui ne parvient pas à dominer ses doutes.
France - Autriche 1-0 Benzema
Anelka, le retour du fils prodige
Un but décisif en Lituanie, un match sérieux contre l'Autriche et deux prestations de grande classe. Nicolas Anelka a prouvé en 180 minutes que les voyages formaient la jeunesse, et la formait super bien. De la tête brûlée bourrée de talent à ses débuts, l'attaquant de Bolton ressemble aujourd'hui à un bon vin vieilli en fût de chêne: de la jambe, de la robe, du corps, du bouquet. Ou plutôt du passement de jambe, de l'enrobement de défenseur, de la feinte de corps, le tout pour un bouquet offensif de grand talent, plein d'assurance et de maturité. David Trezeguet a du souci à se faire, Domenech pourrait avoir trouvé un nouveau chouchou.



















