Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Incidents Nice-Bastia: La sécurité de l'Allianz Riviera en questions

Incidents Nice-Bastia: La sécurité de l'Allianz Riviera en questions

FOOTBALLLa sécurité de l'Allianz Riviera de Nice, notamment l'absence de structures empêchant l'envahissement de la pelouse, pose question...
Nicolas Camus

N.C. avec AFP

Les incidents survenus à l'issue du derby Nice-Bastia (0-1), samedi, soulèvent des questions concernant la sécurité de l'Allianz Riviera de Nice, notamment l'absence de structures empêchant l'envahissement de la pelouse de ce stade qui accueillera des rencontres de l'Euro-2016. Tout en rejetant l'idée «d'un lieu carcéral avec des uniformes partout et des gens parqués derrière des grilles», Marcel Authier, directeur départemental de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, a d'ores et déjà préconisé ce lundi des améliorations intérieures à l'Allianz Riviera.

«J'ai informé le préfet et les autorités de souhaits d'aménagements pour canaliser, par exemple, des flux de supporters hostiles, a-t-il ajouté à l'AFP. Cela peut être des choses simples. Mais les grilles ou les élastiques ne sont pas des garanties contre l'envahissement.» Samedi soir, une bannière à tête de Maure brandie par Jean-Louis Leca, le gardien remplaçant bastiais, a déclenché l'irruption sur la pelouse d'ultras de la Populaire Sud, facilitée par l'absence de grillage entre tribune et pelouse.

Le stade ne serait pas adapté aux soirées dites «protégées», comme l'était Nice-Bastia

Il est vrai qu'au-delà de son élégance architecturale et de son confort, l'infrastructure sportive azuréenne a été construite avec le parti pris de l'ouverture et d'une libre circulation. Ce modèle préconisé depuis le drame du Heysel a d'ailleurs séduit familles et spectateurs, dont l'affluence a doublé. Mais, de source proche du club résident, il n'est pas adapté aux soirées dites «protégées», comme l'était Nice-Bastia, avec plus de 500 stadiers malgré l'interdiction de déplacement supporters insulaires.

Le rôle de ces dernier est d'ailleurs en question depuis la diffusion d'images d'un membre d'une société de sécurité privée employée par le club s'en prenant à un footballeur du SCB. Ce n'est pas la première fois que la sécurité du stade est mise en cause. Le 24 novembre 2013, des supporters stéphanois avaient transformé plus de 200 sièges, insuffisamment scellés, en projectiles avant le coup d'envoi de Nice-ASSE (0-1). Onze stadiers et policiers avaient été légèrement blessés.

Le gestionnaire du stade défend une «conception répondant à une vision et à un cahier des charges moderne de l'UEFA»

Ce premier incident de la jeune histoire de l'Allianz Riviera, stade inauguré un mois plus tôt, avait conduit Nice Eco Stadium (NES), filiale de Vinci, le constructeur et gestionnaire de l'enceinte, à procéder à des aménagements. Mais parmi les différentes propositions de l'OGCN, seule celle concernant le renforcement et la surélévation des garde-corps de la tribune visiteurs avait été mise en oeuvre.

Le stade de France a des grillages amovibles à hauteur réglable, d'autres comme le Vélodrome ou le Louis-II ont opté pour le dispositif dit «Wembley» avec des tendeurs horizontaux. Dans un communiqué publié dimanche, NES a défendu «la conception répondant à une vision et à un cahier des charges moderne de l'UEFA» d'un «lieu de vie convivial». Pour le NES, la faute est davantage à chercher dans «des comportements inacceptables».

Un des quatre interpellés, samedi soir, et déférés lundi, venait juste de purger six mois d'interdiction de stade (IDS). Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d'ailleurs vivement condamné, lundi, ces «débordements inadmissibles» et souhaité que l'enquête conduise «à des poursuites judiciaires et des interdictions administratives de stade». Quelques heures auparavant, le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Frédéric Thiriez en avait fait de même. Il avait rappelé la ligne de «tolérance zéro» envers les comportements violents et demandé à la commission de discipline d'examiner le dossier dès jeudi à partir du rapport des délégués en vue de possibles mesures à titre conservatoire.