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Aurélien Collin, le footeux moqué par Obama: «C'est le destin»
INTERVIEW•A 28 ans, le défenseur de Kansas City a été reçu par le président américain à la Maison Blanche mercredi…Antoine Maes
Il a décroché son téléphone au moment même où Didier Deschamps annonçait sa liste pour les matchs des Bleus contre le Portugal et l’Arménie. Mais il a beau répéter régulièrement qu’il «croit au destin», Aurélien Collin n’y a vu aucun signe. A 28 ans, le défenseur français de Kansas City, champion MLS 2013, est encore loin de l’équipe de France. Son fait de gloire? S’être fait vanner par Barack Obama en personne mercredi à la Maison Blanche. Un destin dingue pour un joueur dont le parcours professionnel a longtemps plus ressemblé à celui d’un étudiant Erasmus qu’à la carrière d’un footballeur pro.
Qu’est-ce qu’on ressent quand on se fait chambrer par Barack Obama?
C’est super! On l’a vu un peu avant, il est très gentil, très professionnel, très charismatique. Il a beaucoup d’humour. J’étais le MVP de la finale, j’ai battu des records, donc je pensais qu’il allait me parler foot. Mais il a rigolé de mon style et c’est ça que les gens ont aimé. Après, peu importent nos idées politiques, c’est quand même lui le président qui a le plus de pouvoir au monde.
Vous voyez ça comme une forme de trophée?
Venir aux Etats-Unis [il y est depuis 2011], c’est la meilleure décision de ma vie. C’est la première fois que j’ai une stabilité à tous les niveaux. J’ai accompli des choses extraordinaires. Là, c’est la fin de mon contrat de quatre ans, et ça se termine par une visite à la Maison Blanche en rencontrant Barack Obama, c’est la cerise sur le gâteau.
Aurélien Collin revient sur sa rencontre avec... par 20Minutes
Vous allez quand même y rester?
Je suis venu aux Etats-Unis parce que je suis tombé dans des clubs européens pas du tout stables. Ici, j’ai un stade extraordinaire, un centre d’entraînement extraordinaire, un staff extraordinaire, ça m’a permis de progresser. Mais j’espère revenir en Europe encore plus fort.
L’Espagne, la Grèce, le pays de Galles, le Portugal… Vous avez un parcours alambiqué…
J’ai signé mon 1er contrat pro en L2 à Amiens, ça faisait trois ans que je jouais en CFA, j’avais 18 ans. J’attendais ma chance et on ne me l’a pas donnée. Alors j’ai décidé de laisser tomber la France. J’étais immature, impatient, je voulais jouer tout de suite en 1ère division. Je suis parti à Majorque, j’ai fait quelques matchs en coupe avec la 1ère division. Je suis arrivé en Ecosse [au Gretna FC] à 20 ans, j’étais titulaire, et au bout de six ou sept mois, le président meurt. Le fils ne veut pas reprendre le club, donc il ferme. Je vais en Grèce [à Panserraikos], au bout de deux mois j’ai plus de salaire. On me dit qu’un club de Premier League m’attend, alors je casse mon contrat. J’arrive en Angleterre, on me dit que ça ne se fait pas finalement. Ensuite, je fais quatre mois sans club, je m’entraîne avec un club gallois [Wrexham FC] pendant deux mois. Et puis je suis parti au Portugal [à Setubal]. Au départ, tout s’est bien passé, et puis les retards de salaire ont commencé. Et Dieu m’a amené cette offre américaine et je suis parti.
Comment êtes-vous arrivé aux Etats-Unis?
Au Portugal, j’avais fait énormément de bruit, j’avais failli signer à Porto. J’avais plein de grosses offres européennes. Mais le club m’a bloqué pour le mercato, et j’en pouvais plus. Je n’étais plus payé depuis trois mois, avec la règle de la Fifa, j’étais gratuit donc je suis parti. C’est le destin.
Vous avez ouvert un magasin de mode, vous avez un palmarès… En fait vous êtes devenu une star?
Dans ma ville, je suis plus connu que quand j’étais en Europe. On a un stade de 21.000 personnes, ça fait 50 matchs de suite qu’il est plein. Au niveau notoriété ça monte vraiment en puissance. Après, à la fin de cette année, il y a une grosse renégociation de tous les salary-cap… Le problème de la MLS c’est l’argent: il n’y a que trois gros salaires par équipe. Moi je n’y suis pas, je suis à la limite.
Vous avez pensé à devenir américain?
Ça fait trois ans que j’ai la green-card, si je reste encore deux ans, je suis Américain. Mais j’ai lu quelque chose qu’a dit Tony Parker qui est très vrai: «Aux Etats-Unis, on vit mal mais on se sent bien. Et en France, on se sent mal mais on vit bien». Moi c’est ça. Mais la France et l’Europe, ça me manque trop. Je veux revenir tenter ma chance, celle que j’aurais voulu tenter quand j’avais 20 ans. Avec ce que j’ai fait, je vais avoir pleins d’offres aux Etats-Unis. En fait j’en ai déjà. Donc quoi qu’il arrive, si je reviens c’est parce que j’ai une opportunité au meilleur niveau.


















