Championnats de France: Christophe Bassons «aime bien se lancer des défis»

CYCLISME Surnommé ironiquement «Monsieur Propre», l’ancien coureur cycliste symbole de la lutte contre le dopage va participer à une course sur route, treize ans après avoir stoppé sa carrière…

A Bordeaux, propos recueillis par Marc Nouaux

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Artigues, le 29 mai 2014 - Christophe Bassons pose dans son jardin

Artigues, le 29 mai 2014 - Christophe Bassons pose dans son jardin — Marc Nouaux / 20 Minutes

C’est un retour teinté de symbolique. Quelques mois à peine après la radiation du cyclisme à vie de Lance Armstrong, Christophe Bassons, celui qui avait osé s’opposer publiquement au Texan en 1999, va faire son retour sur une compétition de cyclisme sur route treize ans après avoir stoppé sa carrière (il a seulement repris le VTT en 2011). Ce sera le 14 juin à Oloron lors du contre la montre individuel de 17 km des championnats d’Aquitaine. S’il termine premier, Bassons, qui réside  à Artigues, à six kilomètres de Bordeaux, pourra participer au chrono de 49 km des championnats de France, le 26 juin. Il raconte l’origine de son projet, ses ambitions et livre son regard sur le peloton d’aujourd’hui.

Racontez-nous l’origine de ce projet…

Quand j’ai arrêté ma carrière en 2001, j’avais totalement arrêté le vélo. J’ai fait des courses de montagne à pied ou en courant. Mais j’ai eu une pubalgie et j’ai décidé de stopper la course à pied et de me remettre au vélo car cela ne me faisait pas mal. J’ai recommencé il y a trois ans par le VTT qui est mon sport d’origine. L’année dernière, dans le magasin de cycles qui m’équipe, il y avait un vélo de course. Je l’ai essayé devant le magasin puis ça m’a donné envie… Je vois que je retrouve des sensations, de la force, donc pourquoi ne pas se lancer ce challenge l’année de mes 40 ans? J’aime bien me lancer des défis un peu compliqués qui me mettent la pression. Je le prépare bien, je m’entraîne, je bosse la position mais est-ce que le délai de préparation d’un mois et dix jours est suffisant? C’est la grande question.

Vous revoir sur la route est symbolique, six mois après la radiation à vie d’Armstrong…

Je n’y avais pas pensé. Armstrong radié à vie et moi qui reprend le vélo maintenant qu’il n’est plus là. C’est du hasard mais ma position par rapport à Armstrong est claire. Je ne suis pas du genre à le démonter, il ne faut pas non plus qu’il paie pour tout le monde. Je pense qu’il est dans un état déjà très dur, il ne faut pas l’enterrer davantage.

Vous regardez toujours les courses sur route?

Mon fils aime bien donc je regarde avec lui. Le Tour de France, je suivrai quelques étapes mais si j’ai autre chose à faire, je ferai autre chose.

Le peloton est-il toujours gangréné par le dopage?

Je ne sais pas, je n’ai pas trop d’avis là-dessus car je n’y suis plus. Je suis beaucoup trop loin du milieu pour avoir un avis là-dessus. Après, on est toujours surpris par des morphologies, des résultats, des puissances développées, ça amène le doute mais ça évolue beaucoup. Beaucoup de produits ne sont plus utilisables. Même en amateur, cela a mis de l’ordre. Mais pour moi, ce sont les mentalités qui n’évoluent pas. Il y a des règles, des difficultés pour se doper mais il y a toujours cette envie de contourner.

Essayer de tricher ferait donc encore partie des «codes» du cyclisme pro?

Moi je pense. Pourquoi personne ne parle? Les Sky ont dominé l’année dernière, ça peut amener le doute mais personne ne parle. Les Français, par exemple, personne ne dit rien car ils n’assument pas ce qu’ils font, eux. Ils sont assistés médicalement, ils sont à la limite de l’interdiction, ils font tout ce qui est possible… plus, certains qui doivent aller dans l’interdiction. Mais, au moins ceux qui ne font pas de dopage tel que c’est défini, sont quand même très assistés. Ils sont sous perfusion, prennent des médicaments le matin… Tant qu’ils n’assumeront pas tout ça, ils ne parleront pas des autres.

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