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Sotchi 2014: Denis Masseglia: «Un beau bilan pour l'équipe de France»
JEUX OLYMPIQUES•Le président du CNOSF se dit ravi du bilan comptable de la France, mais n’oublie pas de souligner quelques points noirs...Propos recueillis par Romain Scotto
De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),
Sur le papier, les objectifs sont remplis. Avec une dixième place au classement des nations et quinze médailles (dont quatre d'or), la France fait mieux qu'à Vancouver il y a quatre ans. Cette progression satisfait forcément le président du comité national olympique français Denis Masseglia qui retient tout de même deux pistes sur lesquelles il faudra progresser.
Quel bilan tirez-vous de cette quinzaine olympique à Sotchi?
On avait indiqué qu’on souhaitait dépasser le score de Vancouver (11 médailles). Effectivement, on l’a bien dépassé (15). Donc on a un beau bilan, on est au dixième rang mondial, ce qui nous fait gagner deux places au classement des nations. Je retiens le triplé en skicross, ce qui n’arrive pas tous les jours. Il y a aussi un grand bonhomme avec Martin Fourcade, double champion olympique. Et puis pour la première fois en ski de fond endurance, il y a eu une médaille française. Ça n’est pas rien. Au cours d’une quinzaine olympique, il y a toujours des hauts et des bas. Ça fait le charme des Jeux et ça n’occulte pas le fait qu’il y a un beau bilan pour l’équipe de France.
Toutes les médailles sont encore au crédit de la fédération de ski. Et aucune pour la glace. Comment l’analysez-vous ?
Effectivement il y a quinze médailles de la FFS. Malheureusement pour la FFSG, les athlètes sur lesquels on misait le plus n’ont pas été récompensés. Il faudra analyser la situation pour éviter qu’on ait une réunion au plus haut niveau ministériel, comme après Vancouver, à l’issue de laquelle on se dise que tout doit changer et finalement, rien n’a vraiment changé. Il faut des stratégies à long termes, dont les effets ne se vérifient pas instantanément.
Un débriefing aurait-il lieu avec la ministre concernant l’échec de la glace ?
Pourquoi ne devrait-il avoir lieu qu’avec la ministre ? Moi je ne voudrais pas que dans quatre ans, les commentaires après Pyeongchang soient les mêmes qu’après Vancouver. Il faut réfléchir globalement. On est le seul pays à avoir organisé trois fois les JO d’hiver et qui ne possède pas de piste de patinage de vitesse. Ça n’a jamais changé. Pour atteindre la réussite, il faut un certain nombre de licenciés. Les Néerlandais ont 15.000 licenciés. Forcément, ils mettent des gens sur les podiums. Pour Pyeongchang, c’est déjà trop tard.
Les filles n’ont ramené que 3 médailles contre 12 aux garçons. Comment l’expliquez-vous?
Il y a eu des absentes, comme Tessa Worley. C’est la principale chance de médaille féminine qui n’a pas pu s’exprimer. Ophélie (David, en skicross) passe à pas grand-chose du podium. Avec elles, ça n’aurait pas été le même bilan que chez les hommes, mais ça aurait été moins marquant par rapport aux hommes. C’est vrai qu’il y a un déficit des féminines. Il ne faut pas en tirer des généralités. On n’a pas la même capacité de réserve que chez les hommes.
Au-delà des blessures et des absences, qu’est ce qui explique ce décalage ?
Il y a un travail à faire pour que les filles fassent plus de sport. Tout commence à l’école. Y compris dans la manière avec laquelle on génère du plaisir à travers le sport. C’est là que se situe la première des interrogations. Et ça ne peut pas payer à court terme. L’incitation à la pratique est un problème culturel, de société. On doit progresser pour qu’il y ait une identification en termes de résultats. On doit s’y prendre à la base. Il y a 33% de licenciées féminines. On n’est déjà pas à l’égalité. Ce n’est pas une question de budget. On doit faire en sorte que les filles aillent dans les clubs.


















