Sotchi 2014: Mariés, ils remportent une médaille le même jour
JEUX OLYMPIQUES•Vic Wild et Alena Zavarzina sont montés sur le podium en slalom géant parallèle...Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Sotchi,
Raphaël et Liv Grete Poirée ne sont plus seuls. Le Français et sa compagne norvégienne détenaient jusque là le privilège d’être le seul couple jamais récompensé lors des mêmes JO d’hiver, à Salt Lake City en 2002. Douze ans plus tard, à Sotchi, Vic Wild et Alena Zavarzina ont fait encore mieux. Monter sur le podium le même jour, la même heure, dans la même épreuve et au même endroit!
Dans l’aire d’arrivée, la jeune fille, bronzée dans l’épreuve de slalom géant parallèle snowboard cross féminin, n’avait pas de mots pour décrire son bonheur, juste avant la finale de son mari. «Il m’a appris à m’engager à 100% dans ce que je fais, il m’a convaincu que je pouvais avoir cette médaille alors que je me suis cassé le bras il y a un mois. Tout ce que Vic peut faire, pour moi, c’est de l’or.»
«Je n’avais jamais bu autant qu’à mon mariage»
Très à l’écoute de madame, Wild s’est exécuté sans moufter. Compétition survolée et victoire au panache face au Suisse Galamarini. Voilà qui devrait occuper les médias russes pour trois jours. Surtout que l’histoire ne s’arrête pas là. Il y a trois ans, Wild n’était pas Russe. Mais alors pas du tout. Son seul contact avec la mère patrie, depuis l’Etat de Washington, où il a passé sa vie?
«A la poursuite d’octobre rouge» répond le jeune homme, qui précise toutefois «qu’en grandissant, il a compris que c’était un film stupide montrant les Russes sous un jour peu attrayant.» Ce n’est pas le cas d’Alena Zavarzina, dont le jeune homme tombe fou amoureux lors d’une compétition à Moscou. Le mariage suit dans la foulée, célébré à la Russe. «Je crois que je n’avais jamais bu autant, confie Wild. Mais c’était difficile de refuser quoi que ce soit.»
«Vic mérite ce qu’il lui arrive»
Ca l’est plus avec la fédération américaine. Pas très portée sur l’alpin, cette dernière décide de le lâcher en rase campagne. «Ils ont voulu mettre l’argent ailleurs, c’est comme ça. Je suis allé voir la fédération russe en leur disant «Si vous me prenez vous ne le regretterez pas». Force est de constater que Wild n’avait pas tort, même si le garçon ne parle pas un mot de russe et snobe ouvertement ses partenaires d’entraînement.
L’Américain a tout de même rempli son rôle en conférence de presse post-victoire. «Merci à la Russie de m’avoir offert l’opportunité de gagner cette médaille. Mes coéquipiers m’ont aidé aussi, même si je ne pense pas que beaucoup d’entre eux m’apprécient.» «Vic a dû changer de vie, de nationalité, vole à son secours Alena. il s’est adapté à la vie russe, il mérite ce qu’il lui arrive». En plus d’un bon verre de vodka offert par beau-papa.



















