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Monaco-PSG. Pour Jérôme Rothen, «si tu casses l’âme d’un club c’est fini»
INTERVIEW•L’ancien milieu de terrain de l’ASM et du PSG s’explique avant le choc de dimanche soir…Antoine Maes
A 35 ans, Jérôme Rothen ne promène plus son pied gauche sur les pelouses de Ligue 1. Devenu consultant pour Canal +, l’ancien international français se penche sur le choc Monaco-PSG de ce week-end. Deux clubs qu’il a fréquentés, mais qui ont bien changé depuis son époque.
En tant que joueur, auriez-vous aimé connaître ces époques?
Le foot évolue, les clubs aussi. Il y a des bonnes périodes, il y a des mauvaises périodes. Moi à Paris, j’en ai connu des bonnes, et j’en ai connu des moins bonnes. Aujourd’hui, le PSG est sur une phase d’euphorie. Il y a un investisseur qui ne compte pas son argent, qui attire de grands joueurs, donc forcément l’équipe est au top. J’aurai aimé connaître un Paris qui fait partie des meilleures équipes européennes, malheureusement on n’a pas réussi, on n’en avait pas les moyens.
Y a-t-il une différence de projet entre les deux projets?
Ils n’ont pas de limites. Après, ils ont des stratégies différentes. Le PSG a moins dans l’optique de sortir une pépite des jeunes de temps en temps. Ce n’est pas la politique du PSG, ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais. C’est différent à Monaco, qui a toujours eu un grand centre de formation. Ils feront toujours confiance à certains jeunes. Ça ne veut pas dire qu’il va s’imposer, mais il y en aura toujours dans l’effectif. A Paris c’est moins le cas et c’est moins la politique. Il y a 20 grands joueurs, ça leur suffit.
Monaco peut-il devenir un grand club européen sans un grand public?
Non, jamais. La seule chose qui «fait prendre», ce sont les grands joueurs, mais aussi ce que l’équipe dégage. C’est ce qu’on avait réussi à faire en 2003-2004. On avait une équipe de mecs exceptionnels, on s’entendait tous parfaitement, il n’y avait pas de stars internationales, on était tous en devenir, on a créé un truc. Et les gens s’y sont retrouvés. Ça tu ne l’as vu qu’une fois à Monaco. Parfois, ils peuvent reprendre la 1ere place, et tu as 5.000 ou 6.000 personnes en tribune. Mais Monaco est l’exception qui confirme la règle: pour dépasser les objectifs du club, ça doit venir du groupe. Ça ne viendra pas des dirigeants, ça ne viendra pas des supporters, ça ne viendra pas de la pression médiatique.
C’est l’inverse du PSG…
Complètement. A Paris, on est dans l’extrême. J’ai connu ça: en début d’année, tu es obligé de dire que tu vises le titre ou une coupe d’Europe. Si tu ne tiens pas ce discours-là les gens ne comprennent pas. A Monaco, aujourd’hui, qu’ils soient 1ers ou 15es, ça ne change pas grand-chose. Tu vis de la même façon. Quand tu es expérimenté, être à Monaco, c’est bien de ce côté-là. Mais quand tu es jeune et que tu n’as pas connu ce côté fort, t’as envie de le connaître ce rapport avec le public.
Si vous vous révéliez aujourd’hui en L1, vous signeriez au PSG ou à Monaco?
Au PSG, sans hésiter. Paris a toujours été mon club, je suis né ici. Aujourd’hui, le mec qui explose et qui veut s’éclater, sans hésiter il choisit le PSG.
Quel rapport les deux clubs entretiennent-ils avec leur passé?
A Paris, il y a des gens qui ont passé les générations de joueurs. L’âme du club est dans ces personnes-là. Et Paris a réussi à garder ça. C’est essentiel pour la vie d’un club. Si tu casses l’âme d’un club c’est fini. Si le PSG avait quitté le Parc par exemple, ça aurait été une grosse erreur. Les Qataris font très attention aux relationnels avec les anciens. Moi je vais au Parc quand j’ai envie, et je suis très bien reçu. Les joueurs sont de passage, mais on a tous marqué l’histoire du club, et c’est bien de le reconnaître.


















