Le public du PSG handball, lors d'un match du PSG handball contre Montpellier le 6 octobre 2013.
Le public du PSG handball, lors d'un match du PSG handball contre Montpellier le 6 octobre 2013. - HARSIN ISABELLE/SIPA
Romain Scotto

Globalement, Daniel Narcisse n’est pas nostalgique de l’Allemagne, qu’il a quittée l’été dernier en débarquant à Paris. Pourtant, l’ancien de Kiel ressent parfois un manque à Paris. Surtout quand son équipe joue à domicile. Entre son ancien club et le PSG, le plus grand changement se trouve en tribunes. Aux 10.000 excités de Kiel se sont substitués une quarantaine d’abonnés qui peinent à se faire entendre à Coubertin ou à la Halle Carpentier.

Pour le demi-centre, tout est une question de culture. «C’est vrai qu’en Bundesliga, il y a les infrastructures capables d’accueillir énormément de monde. Et il ne faut pas oublier que le PSG est nouveau. Ça fait un an et demi que l’équipe existe. Cette affinité avec le public est présente mais elle aspire à évoluer», évacue la recrue parisienne. En réalité, elle a déjà évolué depuis l’arrivée des dirigeants qataris. Mais pas dans le sens espéré. Depuis le début de la saison, les tribunes sont beaucoup plus clairsemées, ce qui inquiète notamment Samuel Honrubia.

Des places trop chères

«L’année dernière, c’était magique. Vraiment, il y avait grosse ambiance. Et là, je ne sais pas ce qu’il se passe.» Pour l’ailier parisien, l’augmentation du prix des places n’aurait pas été digérée par une partie du public. 179 euros l’abonnement en «catégorie 3» (la moins relevée), cela fait peut-être beaucoup pour du handball. Même avec un escadron d’internationaux sur le terrain.

Au sein du «8e homme», le seul club de supporters parisien (40 membres), on compte aussi quelques défections cette saison. «La première année, les gens nous craignaient un peu, observe Antonin Regiani-Pierson, le président du groupe. On a montré qu’on n’était pas dangereux et qu’on était là pour supporter le PSG hand. Mais il y a moins de monde alors que l’équipe est meilleure.» A croire que l’équipe est trop forte, tuant tout suspense et donc tout spectacle à Coubertin.

«On n’a peut-être pas trouvé le public pour le handball à Paris»

Mais le spectacle le plus désolant reste celui de la Halle Carpentier pour les joutes européennes. «Personne n’aime dans le groupe. On a beau gueuler comme des tarés, les gens en face ne nous entendent pas», regrette Antonin Regiani-Pierson. Les joueurs, eux, n’incriminent pas les supporters mais mettent en plus en cause l’architecture de la salle. «C’est pas un chaudron comme Coubertin… Quand tu sors d’un match contre Skopje où tu vois l’ambiance qu’il y a dans ces pays-là, tu te dis qu’est ce qu’il se passe en France? Demande Honrubia. On n’a peut-être pas trouvé le public pour le hand à Paris.» A un jet franc de là, du côté du Parc des Princes, la question ne se pose pas.