02:54
Masters1000 de Bercy: Se différencier de Roland-Garros à tout prix
TENNIS – Dans l’ombre du Grand Chelem parisien, les organisateurs font tout pour attirer les fans de tennis à Paris. Avec d’autres arguments…Romain Scotto
En matière de tennis, on ne peut pas vraiment lutter contre les éléments, ni même racheter l’histoire. Roland-Garros, sa terre battue, ses matchs au soleil couchant seront toujours la référence du tennis français. En tant que patron du Masters1000 de Bercy, Guy Forget n’a jamais remis en cause cette évidence. Au cœur de l’automne, son défi reste pourtant de faire de Paris une place forte du tennis, dans un contexte certes totalement différent.
Pour forcer les fans à poser une troisième semaine de «congés tennis», Bercy joue donc au maximum la carte de la démarcation. «Il faut se différencier aujourd’hui, clame Forget. Le tennis en salle est différent. A Roland, les matchs sont des courses de demi-fond à chaque fois. Vous pouvez prendre place sur le Central et assister à un match d’un Espagnol contre un Argentin qui dure extrêmement longtemps. 4h30, 5h.» Au POPB, le format «sprint» est favorisé depuis plusieurs années par un choix de surface bien précis: une résine ultra rapide, adaptée aux conditions que les joueurs retrouveront au Masters de Londres. «C’est un tennis flash, un jeu plus champagne, beaucoup plus rapide et spectaculaire.» L’objectif étant aussi garder le public jusqu’à une heure avancée de la nuit, à travers des «night cessions» qui font office d’afterwork.
Tennis indoorground
A l’inverse de Roland, le public est donc appâté par un spectacle qualifié d’«indoorground», où le tennis laisse parfois place à des spectacles de sons et lumières. Sans parler de la mise en scène électrique des joueurs sur un court transformé en «dancefloor». «L’ambiance est plus fun, plus pétillante. On a pris ce virage il y a quelques années. Qu’on le veuille ou non, nous sommes en concurrence avec les autres tournois qui nous poussent à mettre la barre plus haut. Mais aussi d’autres sports, voire des concerts», poursuit Forget, tout de même soucieux de ne pas trop dénaturer l’image classieuse de sa discipline. Bercy n’accueillera pas encore les premiers «X-Games» du tennis.



















