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Taxe à 75%: Pourquoi les présidents de clubs ne veulent pas parler de «grève»

Taxe à 75%: Pourquoi les présidents de clubs ne veulent pas parler de «grève»

FOOTBALL – Ils évoquent une «journée blanche», sans match, du 29 novembre au 2 décembre…
Romain Scotto

Romain Scotto

Ils ont parlé de «blocage», «d’action de communication» ou «de journée blanche», mais jamais de «grève». Ou alors par inadvertance. Dans la bouche des présidents de clubs, cela aurait d’abord été un abus de langage puisque cette notion ne concerne pas les employeurs. En termes d’image, le terme renvoie aussi à une époque que le football français tente d’oublier, même si l’expression «grève des millionnaires» a été récemment employée par des membres de la classe politique.

Alors comment faut-il interpréter l’action menée par l’UCPF, qui a décidé de ne pas jouer du 29 novembre au 2 décembre prochain? «C’est un jour sans foot. Une grève, en général, elle est très perturbante. Nous, on essaye d’être conciliants», précise le président de Lille, Michel Seydoux, particulièrement agacé par ces questions de sémantique. Selon lui, les présidents n’ont pas anticipé les effets de ce blocage sur l’opinion: «Honnêtement, aucune grève n’est aimée par l’opinion, quel que soit le secteur. Quand les contrôleurs aériens bloquent les avions, quand les cheminots bloquent les trains, ils sont contents les gens? Arrêtons. Ce n’est pas très grave.»

Une minute de silence pour Le Mans et Sedan

Pour lui comme pour les autres patrons de clubs, le but est bien de lancer une opération de communication de grande ampleur. L’objectif étant de sensibiliser le public aux difficultés financières des clubs français exposés à la taxation à 75%. Concrètement, Seydoux ne sait pas encore comment. «Je n’y ai pas réfléchi. Pour l’instant, le sujet est de faire savoir que la distraction du public, notre football, est en danger. Pas de savoir si on va faire un concours de majorettes. En revanche, j’ai une grande confiance pour que notre message soit compris. Car le Français est très intelligent. Je sais qu’il comprendra que le football est en danger à cause d’une taxe anarchique et anachronique.»

Du côté de Saint-Etienne, Bernard Caïazzo semble un peu plus avancé. Le boss de l’ASSE pense déjà ouvrir Geoffroy-Guichard au public pour que les supporters puissent «aller à la rencontre les joueurs». Une autre idée, un peu plus imagée, semblait également se dégager jeudi midi dans l’hôtel parisien où les présidents étaient réunis. Respecter une minute de silence en faveur des clubs de Sedan et Le Mans. Deux clubs qui ont récemment disparu du professionnalisme.