06:14
Ligue1: Bastia se refait une beauté avec ses Corses
FOOTBALL – Le Sporting joue cette saison avec cinq joueurs du originaires de l’Ile…Romain Scotto
D’une certaine manière, Bastia est bien le «Barça de la Ligue1». Rien à voir avec le niveau de jeu ou les structures. Le rapprochement concerne pour l’instant la faculté des deux clubs à défendre une identité locale. Comme les Catalans, les Corses ont tendance à s’appuyer sur des joueurs du cru, qu’ils soient formés sur place ou recrutés. Contre Lorient vendredi soir, Frédéric Hantz alignera ainsi une défense 100% corse pour la première fois de la saison (Cioni, Modesto, Palmieri, Squillaci). Une fierté pour les joueurs concernés: «Ça signifie quelque chose, indique François Modesto, revenu cet été dans son club formateur. C’est plus qu’un clin d’œil pur notre île. Quand vous jouez ici, vous savez ce que vous représentez. Ce n’est plus souvent le cas dans le football business d’aujourd’hui.»
Pour le défenseur central, le SCB tire un supplément d’âme de cette forte représentativité locale. Elle expliquerait même les «miracles» réalisés par le club depuis sa remontée de National sous les ordres de Hantz, déjà. Avec lui, l’intégration des joueurs «étrangers» passe d’ailleurs par des cours de corse et des rencontres avec le public. La pratique plaît forcément aux supporters, séduits par cette équipe à leur image. «Ce qu’on attend, c’est d’avoir une équipe qui nous ressemble. Si les Joueurs sont Corses, ils ont a priori nos valeurs» enchaîne Jean-Etienne Venturi porte-parole de «Bastia 1905». «C’est une fierté de savoir qu’il y a un cousin, un ami, un frère sur le terrain. On est mieux représentés. L’équipe incarne vraiment la ville.»
«Bastia, c’est chez moi, c’est ma famille.»
Ici, on a aussi tendance à considérer que les joueurs «mouillent plus le maillot» s’ils sont du cru. «En tant que Corse, on ressent les choses différemment, confirme Modesto. Il y a un peu plus de pression que pour les autres. Je suis supporter avant d’être joueur. Bastia, c’est chez moi, c’est ma famille.» En revanche, il ne faut pas voir dans cet attachement aux racines un acte politique, selon le supporter. Le Sporting n’est pas instrumentalisé par les nationalistes puisqu’il n’est plus le porte drapeau de l’Ile. «C’es un simple point de convergence en Corse. C’est de la fierté, pas du nationalisme. C’est un sujet apolitique», poursuit Venturi qui insiste sur l’adaptation des joueurs «étrangers» aux valeurs de l’équipe. Sur chaque but bastiais, il n’a d’ailleurs échappé à personne que Mickaël Landreau est celui qui saute le plus haut.
Même si certains rêvent d’une équipe «100% Corsica», il serait donc difficile de pousser la logique à l’extrême comme le fait l’Athletic Bilbao en Espagne avec ses Basques. En Europe, la diaspora corse est encore un peu maigre au plus haut niveau. Mais les noms Nicolas Penneteau (Valenciennes), Rémi Cabella (Montpellier) et Mathieu Flamini (Arsenal) doivent forcément faire rêver les recruteurs locaux.



















