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NBA: L'enfance d'Evan Fournier, l'homme qui ne doutait jamais

NBA: L'enfance d'Evan Fournier, l'homme qui ne doutait jamais

BASKETL'ailier des Nuggets a entamé les playoffs en tant que titulaire...
Julien Laloye

Julien Laloye

En NBA, la réussite d’une carrière se jauge souvent à la vitesse à laquelle les médias vous trouvent un surnom. Evidemment, ce n’est pas un gage de certitude –Mickaël «Air France» Pietrus en sait quelque chose- mais Evan Fournier peut y trouver là un motif de satisfaction. Depuis un gros mois, le joueur de Denver est devenu Evan «More Champagne» Fournier à cause des paroles d'une chanson de rap d’un certain Mister 4-Tay.

«A 14 ans, il a écrit NBA sur sa fiche»

On ne sait pas très bien qui est Mr 4-Tay ni le rapport entre Fournier et ce surnom dégoté par un journaliste local, mais cela signifie que l’ancien Poitevin existe enfin dans la Ligue, après six mois à collectionner les DNP (did not play) sur le banc des Nuggets. «Ce qui lui arrive était prévu», assure Alexandre Jallier, ancien coéquipier de Fournier à Charenton, dans le Val-de-Marne. «Un jour, on était ensemble en équipe de France minimes, et on nous a demandé de remplir une fiche avec le niveau auquel on pensait pouvoir prétendre dans notre carrière. Moi j’ai mis Pro A, comme tout le monde. A 14 ans, Evan a écrit NBA. C’était déjà ancré en lui.» Aussi ancré que cette confiance en ses moyens qui lui a fait dire toute la saison que «son tour viendrait» malgré la concurrence. La blessure de Gallinari et un mois d’avril en boulet de canon (11 points de moyenne) ont fait le reste.

«Chez les jeunes, on est toujours prudent, on a peur que le mental ou le physique ne suive pas, explique Fabrice Canet, le président du club de Charenton. Mais Evan a vite montré cette capacité rare à rendre meilleurs ses coéquipiers. Un leader capable d’éclaircir le jeu, et surtout un jeune joueur qui haïssait la défaite.» Ça ne lui est pas arrivé souvent, «peut-être trois ou quatre fois», au cours des deux années qu’il a partagées avec Jallier. «Mais quand c’était le cas, il ne s’arrêtait pas de pleurer! Niveau basket, il était tellement au-dessus. Il shootait déjà deux mètres derrière la ligne des trois points… Sur les gros matchs, il explosait tout.» Face aux Golden State Warriors, pour sa première apparition en playoffs, Fournier a trouvé les contacts «beaucoup plus durs». Cela ne l’a pas empêché de scorer 11 points en vingt minutes, «comme s’il avait déjà connu ce type de situations cent fois», a loué son coach George Karl.

«Seul un pépin physique peut freiner sa progression»

Son style rappelle celui de Manu Ginobili, mais peut-il prétendre à la même carrière que l’Argentin des Spurs? «Evan a toujours relevé les challenges qu’on pensait trop hauts pour lui, détaille Canet. Trop jeune pour avoir un rôle majeur à Poitiers? Il a maintenu le club en Pro A. Trop frêle physiquement pour la NBA? Il a prouvé le contraire. Aujourd’hui, je ne vois qu’un pépin physique pour freiner sa progression.» Le public français qui ne se lève pas la nuit pourrait avoir une idée du phénomène très vite. «Il sera dans la liste élargie pour l’Euro de septembre, c’est sûr», ajoute Canet, également attaché de presse de l’équipe de France. Gagner sa place parmi les douze ne devrait pas lui faire trop peur.