Philippe Saint-André, le manager du XV de France, le 9 février 2013, au Stade de France.
Philippe Saint-André, le manager du XV de France, le 9 février 2013, au Stade de France. - F.FIFE/AFP

Romain Baheux

Le débat revient toujours quand une équipe fait face à une série de mauvais résultats. A qui imputer la faute? Aux joueurs, chargés de retranscrire les consignes du staff sur la pelouse? Ou au sélectionneur, chargé de choisir les plus à même de gagner un match? Et avec trois défaites en autant de rencontres dans le Tournoi des VI Nations, le XV de France n’échappe pas à cette polémique. «On aura beau expliquer notre rôle, celui du staff, des joueurs, notre but est de gagner des matchs», soulignait le sélectionneur Philippe Saint-André après le revers contre l’Angleterre. Mais peut-on vraiment reprocher quelque chose à un staff qui doit faire avec le manque criant de relève à certains postes, comme à l’ouverture? «On ne peut pas mettre tous les maux du rugby français sur le dos du sélectionneur, souligne Thomas Castaignède, consultant à Canal+. Il faut les laisser travailler dans la sérénité. Le sélectionneur anglais, Stuart Lancaster, a été protégé et il a des résultats maintenant.»

Faiblesse dans l’animation offensive

En poste depuis un an et demi, le bilan dans le Tournoi de Philippe Saint-André est faible. Seules l’Ecosse et l’Italie sont tombées face aux Bleus dans cette épreuve depuis sa prise de fonctions. Le XV de France version PSA n’arrive que difficilement à inquiéter les défenses des cadors européens que sont le pays de Galles, l’Irlande et l’Angleterre. Le point noir du bilan de Philippe Saint-André est offensif, avec seulement trois essais inscrits depuis le début du Tournoi. «On est sur des lancements de jeu très sophistiqués, on transforme les situations faciles à jouer en situations difficiles, pointe Pierre Villepreux, entraîneur adjoint du XV de France de 1995 à 1999. L’essai de Wesley Fofana contre l’Angleterre se fait par défaut, c’est un exploit individuel. Il n’y a pas de justesse dans le jeu, c’est l’exploit collectif d’un joueur qui se sort tout seul de la merde.» «On a du mal à créer des phases de jeu qui déboussolent l’adversaire», poursuit Castaignède.

Avec comme véritable objectif le Mondial 2015, il paraît prématuré de condamner le sélectionneur des Bleus. PSA a toujours fixé le cap vers cette échéance et ne semble pas se détourner de cette voie. La tournée en Nouvelle-Zélande en juin se fera avec «trente-cinq joueurs dont huit ou dix grands potentiels», a confirmé le sélectionneur lors du débriefing du «Crunch». «C’est quelqu’un d’expérience, il a été capitaine du XV de France, il sait encaisser tout ça, explique Castaignède. C’est un passage difficile mais il va le surmonter.»