Lance Armstrong: «Ce n'est pas à moi de dire ''nettoyons le cyclisme''»
CYCLISME•Chez Oprah, le coureur a reconnu s'être dopé lors de ses sept victoires dans le Tour de France...Philippe Berry
De notre correspondant à Los Angeles
Lance Armstrong a tout avoué. L'EPO, la testostérone, les transfusions, la cortisone, l'hormone de croissance... «Yes, yes, yes, yes, yes», répond-il cinq fois à Oprah Winfrey en ouverture de la grande confession. Oui, il était bien dopé pendant ses sept victoires sur le Tour. Non, il ne pense pas que gagner était, à l'époque, possible sans tricher.
Lance Armstrong n'a pas versé de larmes. Il a, parfois avec un sourire, froidement analysé son histoire, comme si elle appartenait à quelqu'un d'autre. Il s'est dit «désolé», a présenté ses excuses aux fans, à ses anciens coéquipiers, à leur compagne, à son ex-masseuse et aux donateurs de la fondation LiveStrong. «C'est sans doute trop tard. Mais je passerai le reste de ma vie à m'excuser et à essayer de regagner la confiance des gens», jure-t-il.
Un «connard arrogant» et un «philanthrope humanitaire»
Les moments les plus inconfortables pour Armstrong? Quand il a dû regarder les innombrables clips où il jure qu'il a toujours été clean. «Quand je regarde ça, je vois à la fois le connard arrogant et le philanthrope humanitaire. J'ai de sérieuses failles morales.»
Pourquoi avoir nié toutes ces années? «Je n'ai pas de bonne explication», commence-t-il. «C'était un énorme mensonge, répété et répété pendant des années. Mon histoire était tellement parfaite pendant si longtemps. Vaincre la maladie, gagner sept fois le tour de France, un mariage heureux. C'est devenu un mythe»
«Je n'ai pas inventé cette culture»
Pourquoi s'être dopé? «J'ai triché car j'avais un désir impitoyable de gagner», dit-il. Il refuse de parler des autres coureurs ou du docteur Ferrari («quelqu'un de bien») mais laisse entendre que le dopage était généralisé. «Je n'ai pas inventé cette culture mais je n'ai pas essayé de la changer. C'est mon erreur. C'est ma faute et j'en endosse toute la responsabilité», lâche-t-il.
Il a également esquivé les questions sur le rôle de l'Union cycliste internationale. Il a bien effectué une donation à la fédération. «Mais ce n'était pas dans le cadre d'un arrangement» pour le couvrir, affirme-t-il.
«Un tyran»
Armstrong conteste deux points dans le dossier de l'Agence américaine antidopage. Il affirme qu'il s'est dopé jusqu'en 2005 mais qu'il était propre lors de son retour, en 2009, lorsqu'il a fini 3e du Tour de France. Et s'il reconnaît «avoir fait pression» sur ses coéquipiers pour gagner et s'être comporté «comme un tyran», il jure qu'il n'a jamais obligé personne à se doper et nie avoir menacé de virer ceux qui refusaient de le faire.
La seconde partie de l'interview sera diffusée demain. Oprah y parlera notamment des sponsors et de l'avenir de la fondation LiveStrong. Celui de Lance Armstrong est incertain: il pourrait notamment être poursuivi pour parjure, pour avoir menti sous serment en affirmant de jamais s'être dopé. En attendant, il refuse de devenir un porte-parole des repentis. Il conclut: «Ce n'est pas à moi de dire ''nettoyons le cyclisme''. Mais s'il y avait une commision de réconciliation je serais le premier à frapper à la porte.»



















