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Coupe du monde de ski: Le réchauffement climatique, une menace plus crédible que le yéti
METEO•Depuis quelques années, les annulations d'épreuves se multiplient et perturbent la saison des skieurs...Romain Scotto
C’est devenu l’interrogation majeure de la saison de sports d’hiver. Avant le retour des compétitions, samedi à Solden, on ne demande plus qui est en mesure de rafler les globes de cristal, mais bien quel est l’état de l’enneigement hivernal. Depuis quelques années, les organisateurs d’épreuves de Coupe du monde croisent les moufles en espérant ne pas annuler leur manche au dernier moment à cause du redoux. Car derrière, c’est l’effet boule de neige: annulation des réservations hôtelières, perturbations des programmes télévisés, classements de la Coupe du monde amputés.
L’an dernier, quatre épreuves dont deux à Val d’Isère ont été annulées en raison du manque de neige. «On se rend compte que c’est de plus en plus difficile de trouver de la neige, reconnaît la Française Marie Marchand-Arvier, spécialiste de la descente et du Super-G, dont la préparation a été légèrement perturbée. On grappille des jours d’entraînement sur des endroits où il y en a mais ce n’est pas évident. Ça se dégrade au final. Il fait souvent plus chaud et la neige fond plus vite.»
«J’espère que le ski ne disparaîtra pas»
Au rythme où fondent les glaciers, certains se demandent même s’ils pratiqueront encore leur sport dans quelques années. «J’espère que le ski ne disparaîtra pas. Mais on se pose la question, admet Alexis Pinturault, 10 au général de la Coupe du monde en 2012. Les saisons sont de plus en plus étranges. Les enneigements se font soit très tôt, soit très tard.»
En huit ans de haut niveau, David Poisson a dû aussi s’adapter. «En octobre, sur les glaciers, ce n’est plus comme avant. Ça nous fait un peu peur de voir des rochers qui ressortent.» A Tignes par exemple, le descendeur français n’a pu utiliser cette année que deux pistes pour se préparer. Contre sept ou huit à ses débuts. Même en Amérique du Sud, où les Bleus trouvent leurs neiges d’été, les glaciers n’offrent plus la qualité de neige du passé.
Encore un à deux degrés d’ici à 2050
Plus que la neige, c’est en fait le froid qui est indispensable aux skieurs. En Coupe du monde, les canons à neige peuvent très bien prendre le relais du ciel pour fournir la neige dure, arrosée, agressive, permettant d’avoir des courses régulières. Mais si les températures sont positives, impossible de déclencher les machines. Pour ne rien arranger, d’ici à 2050, le thermomètre pourrait gagner encore 1 à 2 degrés, soit 40 jours d’enneigement en moins sur l’année. Autant de journées passées à attendre le départ des courses dans les chalets.


















