Siri, l'assistant de l'iPhone, se contrôle par la voix.
Siri, l'assistant de l'iPhone, se contrôle par la voix. - DR

Anaëlle Grondin

Lors de sa récente Keynote au début du mois d'octobre, la firme à la pomme dévoilait sa dernière «révolution»: Siri, disponible sur l'iPhone 4S. Un assistant intelligent à commande entièrement vocale, à qui l’on peut dicter un mail, un SMS ou demander de rentrer un rendez-vous dans son calendrier, annonçait Apple. A la rédaction, on a voulu savoir ce que ça donnait, concrètement...

Mon premier jour avec Siri a été un fiasco. Quand j’ai commencé à parler à cet assistant virtuel (sa voix a été masculine dès que j’ai allumé l’iPhone 4S), j’avais un chat dans la gorge à cause de la crève, c’est la saison. J’ai tout de suite compris une chose: ces jours-là, il vaut mieux ne pas m’adresser à Siri et ne compter que sur moi-même pour passer des appels et organiser mon agenda. «Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par ‘abeler baban’» (‘appeler maman’, en vrai).  J’ai rapidement laissé tomber. Heureusement, cela n’a pas duré et j’ai pu, le lendemain, faire connaissance avec Siri, mon nouveau copain, qui aime les gens qui articulent (et ceux qui n'ont pas d'accent trop prononcé). Sachez qu’il est de bon ton, la première fois, de se présenter (on a un peu l’air bête, mais ça a son utilité): dites-lui comment vous vous appelez et comment s’appellent les membres de votre famille. Comme Siri retient tout ce que vous lui dites, il associera «sœur» au prénom que vous lui avez indiqué et qui figure dans le répertoire du téléphone. Il passe donc l’appel sans souci quand je lui dis «appelle ma petite soeur». Un premier essai concluant. Par ailleurs, j’ai été agréablement surprise de constater que Siri s’améliorait avec le temps et les différents essais. L’assistant intelligent est non seulement capable de retenir ce que je lui dis mais de se faire à ma voix.

Dictées de messages divers: 20/20 pour Siri

Au départ, Siri m’a surtout servi à la maison. J’avoue que j’avais un peu honte de parler avec mon iPhone 4S dans la rue et le métro. Le monde est-il prêt pour ça? Parler avec le kit main libre reste toujours un peu surréaliste, alors converser avec Siri… Mais je lui parlais quand même avant de sortir, par exemple, pour lui demander: «Siri, dois-je emporter un parapluie?», après quoi l’iPhone 4S affichait une météo détaillée. Siri répond même à haute voix (enfin, via le haut parleur), au cas où je n’aurais pas le temps de jeter un œil à l’écran, en enfilant mon manteau. Plutôt pratique. Toujours à la maison, j’ai décidé d’utiliser Siri un maximum pour m’organiser au quotidien, pour voir jusqu’où cet assistant pouvait se rendre utile. «Réveille-moi à 10 heures et demie demain», une veille de week-end. Siri me répond un impeccable «j’ai activé un réveil pour 10h30», en affichant une horloge. Puis avant d’oublier, je lui demande «peux-tu créer une note: écrire un article sur ma semaine avec Siri la semaine prochaine». L’application bloc-note s’ouvre à l’écran avec ma phrase, écrite impeccablement, sans faute d’orthographe. Au départ c’est assez bluffant. Jusqu’ici aucune commande vocale ne permettait une telle chose sur un smartphone. J’ai commencé à envoyer tous mes SMS comme ça, avec toujours l’envie de voir comment Siri se défendait en syntaxe et conjugaison. Je suis rarement parvenue à le piéger. «Je vais rentrer plus tard que prévu», nickel. Je suis doublement bluffée. Pareil pour les tâches à effectuer que j’ai dictées à Siri pendant une semaine et les rendez-vous à entrer sur mon calendrier. J’ai aussi abusé, pendant ces sept jours, de la commande vocale pour faire des recherches sur le Web. «Siri, cherche «programme télé» sur Internet», en prenant place dans mon canapé le soir. 

Le service en France encore trop limité

Malgré tout, j’ai été très déçue par le fait que Siri ne gère pas encore les itinéraires et la localisation en France, contrairement aux Etats-Unis. C’est vrai, à quoi ça sert sinon d’avoir un assistant avec soi en ville, s’il n’est pas capable de vous dire «quelle ligne de métro prendre pour aller à Opéra» ou «comment se rendre au 52 boulevard Haussmann en voiture»? Siri m’a répondu à chaque fois «Je suis désolé, mais je ne prends pas en charge cette fonctionnalité». Pourtant, Apple affirme le contraire dans le manuel fourni avec l’iPhone 4S. Une question de temps?

Siri m’a paru sympathique et marrant à utiliser au départ. L’outil fonctionne très bien, mais ne se révèle pas du tout indispensable. Beaucoup comme moi préfèreront prendre leur temps pour écrire leurs SMS et préserver leur intimité d’oreilles indiscrètes plutôt que de se ridiculiser à converser avec son téléphone dans la rue. La faille ne vient pas d’Apple mais de nos mœurs.