04:01
Fête de la VOD: le DVD résistera t-il encore longtemps face au dématérialisé?
VIDEODROME•Du 12 au 15 octobre, la seconde Fête de la VOD est l’occasion de faire le plein de films à 2 euros. Face aux offres dématérialisées, DVD et Blu-ray sont à la peine. Tiendront-ils encore longtemps?...Christophe Séfrin
L'essentiel
- Il y a un an, la première Fête de la VOD a permis au marché de la vidéo à la demande de convertir de nouveaux fans.
- Jusqu’au 15 octobre, sa nouvelle édition avec ses films à 2 euros compte réitérer ce succès.
- Pendant ce temps, le marché du DVD et du Blu-ray s’érode lentement…
Jusqu’au 15 octobre, la VOD fait la fête. Durant 4 jours, 13 plateformes* de vidéo à la demande françaises passent le prix de location des longs-métrages à 2 euros (contre 4,99 euros). Une belle réduction pour des films que l’on pourra télécharger et visionner dans un délai de 30 jours. Marie-Fancine, Alien : Covenant, Wonder Woman ou encore Baby Boss… il y en aura pour tous les goûts. La marraine de cette seconde Fête de la VOD est la comédienne Alice Pol, héroïne de Raid Dingue
Faire venir à la VOD des Français qui n’y vont pas
Il y a un an, le première Fête de la VOD avait obtenu des résultats spectaculaires, avec un nombre de locations sur 4 jours qui avait plus que doublé par rapport aux mêmes semaines de l’année 2015. Objectif atteint. « Notre but était aussi de faire venir à la VOD des Français qui n’y étaient jamais venus. Le pari a été gagné, puisque dans les mois qui ont suivi la première Fête de la VOD, les transactions sont restées supérieures de 20 % à celle de l’année précédente », décrypte Bruno Delecourt, Président de Filmo TV. Résultat : alors que le marché de la VOD (locations et achats) baissait de 4 à 5 % par an, il est en hausse de 8 % cette année.
VOD vs DVD : des publics différents
Qui consomme de la VOD en France ? Selon Bruno Delecour, il s’agit d’un public « relativement proche de celui de la TV payante, qui a entre 30 et 50 ans, avec des enfants et moins de facilités pour sortir ». Un public également avide de poilades, comme en témoignent les meilleures locations de l’année 2016: Les Tuche 2 ; Deadpool, Camping 3, Babysitting 2, Retour chez ma mère sont sur le podium. « Oui, il y a une prime aux comédies françaises, mais au-delà des films populaires, la VOD est quand même le lieu de la diversité avec des films d’auteur.
L’horreur fait des scores importants alors qu’il disparaît plus ou moins en salles », précise le patron de Filmo TV. La clientèle est-elle la même que celle des DVD et Blu-Ray ? « Les publics de la VOD et celui des produits physiques répondent à des typologies différentes. La VOD va effectivement surperformer sur les comédies françaises ou familiales », observe Jérôme Habauzit, directeur associé du Cabinet AQOA.
Quand Les Tuche ou Deapool cartonnent en vidéo à la demande, des films comme Les Trolls, Rogue One ou Vaïna se vendent bien sur support physique. « Ce sont de titres qui se vendent encore à plusieurs centaines de milliers d’unités », précise Jérôme Habauzit.
Alors que beaucoup le disent condamné, le marché du DVD ou du Blu-ray fait de la résistance, même si son chiffre d’affaires fond comme neige au soleil (- 8,16 % en 2016). « D’ici à 2020, le marché de la SVOD comme Netflix ou MyCanal sera prédominant avec 40 % du chiffre d’affaires de la vidéo, 31 % pour le physique et 29 % pour la VOD », indique Jérôme Habauzit.
13 millions de pirates
De son côté, le documentariste Jérôme Wybon constate évidemment que l’euphorie autour du DVD dans les années 2000 a bel et bien disparu. « Ce qui intéresse désormais le public, c’est le flux. Il n’a plus besoin d’avoir 300 films chez lui. Avec le numérique, ils obtient ses long-métrages en deux clics. Le côté pratique va l’emporter sur tout le reste », analyse l’auteur des documentaires qui accompagnent les nouvelles éditions Blu-ray de Jean de Florette et Le Casse.
Le sport national qu’est la piraterie vidéo en France (13 millions d’internautes s’y sont adonné en 2016, selon l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) n’aide évidemment pas. « Je pense qu’il y a encore un marché Blu-ray qui va devenir un marché de cinéphiles technophiles, avec des gens qui ont du pouvoir d’achat pour de belles éditions », estime Jérôme Wybon. Pendant ce temps, les plateformes de VOD se préparent à déboucher le champagne. « Si l’on enregistre une croissance des transactions de 30 à 50 % durant 4 jours », on sera contents, s’enthousiasme Bruno Delecourt. VOD qui rit, DVD qui pleure ?
* arte VOD ; Canal VOD ; Filmo TV ; fnac PLAY ; Imineo ; LA CITE TEK ; My TF1 VOD ; nolim ; Orange Vidéo à la Demande ; france.tv ; SFR ; Univers Ciné ; Vidéofutur.



















