One Step 2 de Polaroid: Coup de flash sur un vrai «come-back»
REVIVAL•Récemment rachetée, la marque Polaroid lance le One Step 2, digne descendant de son appareil photo mythique des années 1970. On a envie d’y croire…Christophe Séfrin
L'essentiel
- 2008: Polaroid ferme sa dernière usine d’assemblage de pellicules aux Pays-Bas.
- Le site de production est racheté par un groupe de fans qui poursuivent la fabrication de pellicules instantanées sous la marque Impossible Project.
- Mai 2017 : l’un des actionnaires d’Impossible rachète la holding Polaroid. Qui relance aujourd’hui un appareil photo instantané.
Clic-clac, revoilà Polaroid ! Pour ses 80 ans, la marque mythique s’offre un vrai revival, avec le lancement d’un tout nouvel appareil photo instantané. Annoncé ce jeudi matin (pour une sortie fin septembre), le One Step 2 reprend les codes esthétiques du One Step, appareil photo Polaroid emblématique lancé en 1977. Sa version internationale (Polaroid 1000) fut alors l’appareil photo le plus vendu au monde durant quatre ans. On en trouve toujours des wagons en occasion sur Selency, Ebay, Price Minister ou Le Bon Coin (budget : 35 euros, environ).
Le One Step 2, lui, est proposé à 199,99 euros. L’appareil veut surfer sur l’engouement actuel des jeunes pour la photo instantanée et le triomphe des appareils photo Instax de Fujifilm ou ceux de la marque Lomography.
Mais pas seulement. Le One Step 2 veut aussi redonner de sa superbe à la marque Polaroid (devenue ici Polaroid Originals). Et offrir de nouveaux débouchés aux films argentiques de l’usine Impossible Project aux Pays-Bas. Impossible Project ?
Dix groupies pour une pellicule
En 2008, lorsque Polaroid - alors en pleine déconfiture financière - décide de fermer sa dernière usine d’assemblage de films aux Pays-Bas, Florian Kaps (de Lomography) et Andre Bosman (de Polaroid) prennent le taureau par les cornes. Avec huit autres personnes, ils rachètent le site de production voué à la démolition. Manque de fournisseurs, normes écologiques en pleine évolution… Les nouveaux associés peinent à trouver la bonne recette afin de créer un nouveau film photo argentique à développement instantané.
Ce sera chose faite deux ans plus tard avec un premier film noir et blanc. Les possesseurs de vieux appareils photo Polaroid peuvent continuer à mitrailler… Aujourd’hui, les films Impossible Project sont devenus une référence. Ils ont même leur boutique à Paris, rue Charlot, dans le IIIe arrondissement. Et c’est là qu’intervient Slava Smolokowski.
L’information est un peu passée inaperçue en mai dernier, quand la marque Polaroid a été rachetée par cet homme d’affaires polonais. Pourtant, le nouveau propriétaire n’est pas totalement inconnu dans l’univers de la photo : il fait justement partie des actionnaires de The Impossible Project, la société hollandaise qui entretient la flamme auprès des fans de Polaroid. Il ne faudra que quelques mois au nouveau boss pour lancer son One Step 2.
La boucle est bouclée. S’il ressemble à son illustre aîné, le jeune héritier se dote d’un flash intégré, d’un retardateur, mais aussi d’une batterie. Et il peut être utilisé avec des films à 600 ISO (18,99 euros les 8 vues) ou en noir et blanc (i-Type, à 15,99 euros).
2 euros la photo instantanée
Le prix des films, c’est justement là que le bât blesse. A 2 euros la photo instantanée (soit deux fois le tarif des photos instantanées des Fujifilm Instax), le One Step 2 ne donne pas droit à l’erreur. Polaroid Originals rappelle à qui veut l’entendre que dans les années 70, un pack de 10 vues pour le One Step coûtait 100 francs (soit 15 euros environ). Certes. Mais à l’époque, le numérique et ses clichés à zéro euro n’existaient pas et l’on n’avait d’autre repère que la pellicule. On savait aussi se satisfaire de photos argentiques mal cadrées, avec des yeux rouges. Plus maintenant.
Cet écueil, Fujifilm vient de le surmonter avec son Instax SQ10. Mi-argentique, mi-numérique, cet appareil instantané permet de ne rater aucune vue grâce à son écran, sa mémoire et ses outils de retouche incorporés. Polaroid Originals jure, lui, ne vouloir proposer que des appareils argentiques. Un possible projet ?



















