Elle publie un SMS déplacé d’un électricien d’Orange et se fait harceler sur Twitter

FEMMES Une jeune femme a déclenché une polémique sur Twitter en expliquant qu'elle avait alerté Orange car un technicien avait utilisé son numéro pour la draguer...

O. G.

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Capture d'écran du post de Buffy Mars, qui a posté le texto d'un agent d'Orange qui a utilisé son numéro pour la draguer.

Capture d'écran du post de Buffy Mars, qui a posté le texto d'un agent d'Orange qui a utilisé son numéro pour la draguer. — Twitter

« Rebonjour, c’est le technicien d’Orange. Juste pour vous dire que vous étiez très jolie et que vous avez un très beau sourire. » Voilà le texto de la discorde.

La twittosphère s’est enflammée ce lundi pour une nouvelle histoire de harcèlement. En cause : une jeune femme qui avait reçu un texto de drague d’un technicien d’Orange a alerté l’entreprise.

« Ce texto m’a mis mal à l’aise »

Pour éviter les intox et insultes qui pullulent sur Twitter depuis quelques heures, 20 Minutes a demandé sa version des faits à Buffy Mars (oui, c’est un pseudo). Cette community manager et blogueuse, a reçu deux techniciens du groupe Orange ce lundi matin pour qu’ils posent la fibre chez elle. « Cela s’est très bien passé, précise la jeune femme. Mais quelques heures plus tard, je reçois un texto d’un des techniciens me disant qu’il savait que ce n’était pas très pro, mais qu’il m’avait trouvé mignonne. Ce texto m’a mis mal à l’aise, d’autant qu’il a mon adresse, mon étage, mon numéro de portable… Il n’est pas censé l’utiliser à des fins personnelles. »

« Orange n’a pas apprécié »

La jeune femme n’hésite donc pas : elle prévient Orange. « J’ai appelé Orange pour les prévenir que ce technicien avait utilisé mon numéro pour me draguer. Ils n’ont pas apprécié et m’ont assuré qu’ils préviendraient le service de cet agent. » Et elle prévient dans la foulée le technicien qu’elle a alerté le service réclamations. L’intéressé répond d’abord par texto qu’il s’excuse, puis tente de la joindre sur son portable. Mais elle préfère ne pas répondre.

Son tweet déchaîne les passions

Mais Buffy décide de poster sur Twitter l’échange de sms. Qui déclenche une avalanche de réactions sur le réseau social.

Certains se moquent de la peur exprimée par la jeune femme.

D’autres lui reprochent d’avoir réagi trop brutalement.

Les attaques contre son physique se multiplient également.

Licencié?

Beaucoup d’internautes ont attaqué la jeune femme, l’accusant de demander le licenciement de cet agent. Sur Twitter, certains interpellent même l’entreprise Orange pour assurer qu’ils veilleront à ce que le technicien ne soit pas licencié.

Orange devrait « faire ce qu’il faut »

« Orange m’a dit qu’ils allaient faire ce qu’il faut, répond l'intéressée. C’est à eux de savoir s’il faut faire un rappel à l’ordre à tous les techniciens, ou si c’est un habitué de ce genre de dérapage. Je ne vois pas pourquoi cela déboucherait forcément sur un licenciement. » «Pour l'instant, il n'est pas question de licenciement, précise-t-on chez Orange, contacté par 20 Minutes. Mais l'entreprise regrette l'attitude de ce technicien». Tout en insistant sur le fait qu'il s'agisse d'un «cas isolé».

 

« Plein de copines ont vécu la même chose »

Le fait d’alerter un supérieur pour un texto de drague a en tout cas déchainé les passions sur Twitter.

Mais la jeune femme se défend. « J’ai plein de copines qui ont vécu la même chose de la part d’un livreur, d’un chauffeur d’Uber… Mais qui n’osent pas prévenir les supérieurs parce qu’elles ont peur de représailles sachant que la personne a toutes nos coordonnées. C’est pour ça que j’ai décidé de partager cette histoire sur Twitter. J'ai reçu des messages de juristes qui me confirment que c’est totalement illégal. Cela m’a rassuré. »

Même s’ils sont plus rares, certains internautes estiment tout de même que ce SMS mérite sanction.

Cyberharcèlement quand on dénonce le harcèlement

Mais le déferlement de tweets violents et misogynes depuis 11 heures du matin rappelle qu’en France, une femme qui parle de harcèlement a du mal à se faire entendre.

Elle dénonce le « cyber-harcèlement", mais elle "essaie de prendre du recul". Pour cela, elle a décidé de mettre son profil en privé « pour être tranquille. Il y a eu déjà 5.000 tweets ! Je m’attendais à des réactions violentes mais pas de cette ampleur. Mais je ne regrette absolument pas. Est-ce que ça fera avancer les choses ? Je ne sais pas. Mais j’ai l’impression que d’autres nanas racontent les trucs glauques qui leur sont arrivés. Cela montre que je ne suis pas seule. »

En effet, l’association féministe Crêpe Georgette vient de lancer un hashtag #harcelementdomicile, devenu un « trending topic » pour encourager les femmes à libérer la parole sur ce sujet.

 

Heureusement, certains n’hésitent pas à tourner en dérision cette polémique…