Les capteurs Idosens utilisent le réseau de transmission bas débit nommé LoRa.
Les capteurs Idosens utilisent le réseau de transmission bas débit nommé LoRa. - IDOSENS

« Après 25 ans de techno, j’ai fait le truc que je voulais offrir à mes parents ». François Hédé, le PDG de la start-up grenobloise Idosens, est un pionnier. Un pionnier de ce que l’on appelle « l’Extended Home ». Car à l’heure où les objets connectés et le concept de maison intelligente se démocratisent, Idosens veut aller plus loin. Au sens propre, comme au sens figuré.

 

La base d’alerte du système développé par la start-up - IDOSENS

 

Avec ses capteurs bas débit, Idosens entend offrir une palette de services flambant neufs dans des zones où le Wifi ou le Bluetooth ne passent pas. But : être informé d’un événement sur une base ou sur son smartphone lorsqu’il se produit. Et les exemples pullulent : une lumière qui est restée allumée dans la cabane du jardin ; une porte qui s’ouvre dans la maison de campagne ; un courrier déposé dans la boîte aux lettres lorsque l’on habite dans les étages ; un changement de température dans sa cave à vin ; une moto garée dans la rue et qui est déplacée… voire le chien qui rentre dans sa niche ! Désormais, il sera possible de savoir ce qui se passe, lorsque cela se passe. « La portée peut être de 7, 8… 10 étages en immeuble, de plusieurs centaines de mètres en espace semi-urbain et de kilomètres en espace libre », explique François Hédé.

2 ans d’autonomie

Décryptage. Les capteurs Idosens détectent donc les intrusions, la lumière et la température. Ils communiquent avec leur base tous les quarts d’heure. La base remonte ses informations en GPRS (également appelé réseau 2G). Ensuite, les traditionnels réseaux 3G ou 4G prennent le relais pour diffuser les alertes en direction des smartphones. Mais c’est entre les capteurs et la base que la « magie » opère. Ces équipements se parlent à grande distance grâce à une liaison nommée LoRa. LoRa (pour « Long Range ») est « Un réseau bas débit qui passe de façon ponctuelle quelques dizaines de bits de données. Qu’il soit public ou privé, c’est un réseau de faible consommation », précise le PDG d’Idosens. Conséquence : les capteurs utilisés ont une autonomie de 2 ans environ.

 

Même hors de portée Wifi ou Bluetooth, ces capteurs peuvent vous alerter d’une intrusion. - IDOSENS

 

Dans un premier temps, Idosens propose un pack composé d’une base et d’un capteur d’ouverture de porte (199 euros). Pas d’appairage, juste un flashcode à scanner et c’est opérationnel. « Et il n’y a pas de compte à créer, on sent déjà un repoussoir aux newsletters, mots de passe et autres confirmations email qui en découle. Notre philosophie est de proposer une expérience de l’internet des objets un peu différente » précise François Hédé. Suivra une gamme plus développée avec des capteurs pour les boîtes aux lettres, les piscines, les barbecues, les deux roues. Et les niches aussi, donc ?

La guerre des réseaux

En réseau privé (comme avec Idosens) ou public (Orange et Bouygues Telecom le déploient actuellement), le réseau LoRa dont François Hédé est l’un des initiateurs déploie ses ailes en France, mais aussi aux USA et en Inde. Il repose sur une alliance internationale de 127 membres et le protocole LoRaWAN développé pour les objets connectés. A sa tête, l’entreprise américaine Semtech qui avait racheté LoRa en 2012 à la start-up grenobloise Cycleo. Son concurrent est français. Il s’agit du réseau Sigfox, né à Toulouse. Différence: Sigfox est un réseau propriétaire que Sigfox déploie seul en France comme à l’international. Les enjeux stratégiques étant considérables, les passes d’armes sont nombreuses entre les deux rivaux. Selon le site usine-digitale.fr, le réseau public Sigfox possède une longueur d’avance sur LoRa en terme d’implantation nationale. Depuis juin 2015, un outsider angevin est arrivé. Son nom: Qowisio.

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