Hormis quelques irréductibles du clavier, plus personne n'achète de BlackBerry de son plein gré. Au dernier trimestre, le Canadien a pesé moins de 3% des ventes mondiales de smartphones. Face à se désamour, il a annoncé, lundi, qu'il envisageait une cession. Un scénario parmi d'autres.

Scénario 1: La vente

BlackBerry a mis en place un comité spécial pour étudier les pistes à sa disposition, et la cession est le scénario privilégié. Reste à savoir qui voudrait acheter l'entreprise dans sa totalité et une marque qui ne rime plus vraiment modernité. «Cela va être difficile», selon Ian Lee, professeur à l'école de commerce Sprott d'Ottawa. «Il est pratiquement impossible qu'un groupe chinois achète BlackBerry car et le gouvernement canadien, poussé par les Américains, s'y opposerait.» Selon lui, Microsoft est le seul qui pourrait trouver une synergie pour développer sa plateforme Windows Phone, dont le destin est pour l'instant lié à celui de Nokia. Facebook, qui cherche à s'aventurer sur le marché de la téléphonie, ou Amazon, pourraient également être intéressés. Actuellement valorisé à 5,5 milliards de dollars, BlackBerry pourrait dire oui à une vente autour des 4 milliards de dollars.

Scénario 2: La sortie de Bourse

Le problème de la route privée, c'est que BlackBerry n'a pas un milliardaire comme Michael Dell derrière lui. La sortie de Bourse passerait donc par l'implication d'un ou plusieurs fonds privés. Qui pourraient soit laisser du temps à BlackBerry de se réorganiser sans la pression de Wall Street, soit chercher à vendre l'entreprise à la découpe pour maximiser sa valeur.

Scénario 3: Un partenariat

BlackBerry dit l'examiner. Reste à savoir dans quel sens. Une entreprise comme Microsoft aimerait étendre son parc Windows Phone. Son partenariat exclusif avec Nokia lui avait coûté environ 1 milliard de dollars. Sauf que le Canadien n'est sans doute pas prêt à laisser tomber son tout nouvel OS. A l'inverse, son patron, Thorsten Heins, pourrait tenter de convaincre d'autres fabricants d'adopter BlackBerry 10. Mais vu le peu d’enthousiasme des développeurs pour créer des apps sur cette plateforme, le pitch sera compliqué pour l'entreprise.

Scénario 4: Une vente à la découpe

C'est l'hypothèse privilégiée par la plupart des analystes. Selon eux, la division hardware ne vaut plus rien. Restent les services aux entreprises, notamment dans le cloud, d'une valeur qui oscille entre 1 et 5,7 milliards, selon les estimations. Son portefeuille de brevets, enfin, évalué entre 1 et 2 milliards de dollars, pourrait attirer plusieurs candidats, alors qu'Apple et Google/Samsung croisent le fer dans les tribunaux. Avec un peu plus de deux milliards de dollars encore dans ses coffres, BlackBerry n'a pas le couteau sous la gorge, mais l'heure des choix est venue.

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