Victoria Berne
L'essentiel
- À 34 ans, Camélia Jordana a multiplié les disciplines artistiques (musique, cinéma, podcasts, DJ sets) depuis son audition à Nouvelle Star à 16 ans.
- L’artiste prépare actuellement son cinquième album de manière 100 % indépendante, autofinançant le projet de A à Z sans maison de disques.
- Camélia Jordana refuse de réduire son engagement à une posture artistique et affirme : « Avant d’être artiste, je suis une citoyenne. Et c’est la citoyenne que je suis qui fait l’artiste que je suis ».
Depuis son audition (ou elle n’a failli jamais aller à cause d’une punition) à Nouvelle Star à son César pour son rôle dans Le Brio, en passant par la musique, le cinéma, les podcasts et même les DJ sets… À seulement 34 ans, Camélia Jordana vit une multitude de vies artistiques, qui semblent toutes ne faire la connecter au plus profond d’elle-même. Avant sa venue au So Good Maif Festival, la chanteuse et comédienne a accepté de faire son Replay avec 20 Minutes.
Créer pour « composer avec le monde »
Lorsqu’elle revoit les images de ses débuts, à seulement 16 ans, Camélia Jordana regarde l’adolescente qu’elle était avec « beaucoup de tendresse ». Depuis, les projets et les disciplines se sont multipliés, avec un même besoin en fil rouge : créer pour mieux affronter le réel… « Le tronc commun, c’est l’expression. Le fait de pouvoir extérioriser, exorciser des choses. M’exprimer de plein de manières différentes, que ce soit avec la musique, le cinéma, comme comédienne ou réalisatrice, monter sur scène ou faire des DJ sets, ça m’apaise beaucoup. Ça me permet de composer avec le monde et avec ce sur quoi je n’ai pas trop de prise. »
Un cinquième album et une liberté totale
Aujourd’hui, l’artiste prépare son cinquième album en étant 100 % indépendante. Sans maison de disques, elle porte elle-même son label, sa distribution et l’ensemble des risques financiers du projet. Une liberté « aussi vertigineuse que précieuse », raconte-t-elle. « Chaque centime dépensé sur ce projet sort de ma poche. J’autofinance complètement cet album de A à Z en faisant tous mes autres projets à côté. C’est une économie nouvelle, fragile, mais qui me convient. Il y a beaucoup de pression, mais cela m’inscrit sur un chemin très, très libre. »
« Avant d’être artiste, je suis une citoyenne »
Il y a la liberté et les convictions… Mais plus qu’un étendard qu’elle brandit, Camélia Jordana rappelle que ses valeurs viennent avant tout de son éducation. Qu’il s’agisse de célébrer l’héritage franco maghrébin des femmes dans son titre « Que ma peau » ou de participer à des événements solidaires comme le So Good Maif Festival, elle refuse de réduire son engagement à une simple posture artistique.
« Avant d’être artiste, je suis une citoyenne. Et c’est la citoyenne que je suis qui fait l’artiste que je suis. C’est toujours étonnant quand on me dit : "Vous êtes engagée". Je me demande : en opposition à quoi ? Être une artiste désengagée ? Pour moi, c’est normal de se sentir concernée par l’autre, par l’humain. »