XV de France: Comment Baptiste Serin a réussi à revenir dans la mêlée

RUGBY Le demi de mêlée de l’Union Bordeaux-Bègles est de retour au premier plan après une période difficile…

Clément Carpentier

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La rage de Baptiste Serin face à l'Afrique du sud.
La rage de Baptiste Serin face à l'Afrique du sud. — FRANCK FIFE / AFP
  • Baptiste Serin sera de nouveau titulaire avec le XV de France face à l’Argentine, ce samedi (21h), à Lille.
  • Le jeune demi de mêlée international, devenu aussi buteur, retrouve son meilleur niveau ses derniers mois.
  • Il espère être retenu pour la Coupe du monde 2019 au Japon.

Jusqu’à maintenant, Baptiste Serin suit la parfaite trajectoire du jeune sportif français talentueux et prometteur. Cet athlète que l’on porte très rapidement aux nues (en tant que rugbyman, il a au moins évité la comparaison avec Zidane) et que l’on descend tout aussi vite à la première contre-performance individuelle ou collective. Et quand on connaît les résultats du XV de France depuis sa première sélection en Argentine en juin 2016…

Deux ans à encaisser

Pourtant, à l’image de sa chistera face aux All Blacks qui a fait le tour du monde, « au début, tout allait bien, je jouais que sur mon insouciance et je ne calculais rien », se rappelle le garçon. Mais comme pour les hommes politiques, l’état de grâce ne dure jamais longtemps dans le sport de haut. N’est pas Kylian Mbappé qui veut. « Très vite, on m’a reproché d’être trop feu follet et pas assez stratégique », le french flair très peu pour le rugby moderne.

Et puis, il y a aussi « ces gens, ces clubs qui t’approchent, te font tourner la tête. C’est vraiment une période difficile à gérer quand tu es très jeune. Heureusement, j’ai toujours été bien encadré à la maison », explique-t-il. Petit à petit, il perd sa place de titulaire en équipe de France et joue beaucoup moins avec l’Union Bordeaux-Bègles (16 matchs en 2016-2017 et 2017-2018) car il fait notamment partie des joueurs protégés par sa fédération. Un paradoxe.

Buteur, un atout de plus en vue de la Coupe du monde

Baptiste Serin mange alors son pain noir pendant deux saisons. En famille comme toujours. Il invite aussi à sa table un préparateur mental pour retrouver l’appétit. En juin dernier, il participe à la tournée des Bleus en Nouvelle-Zélande, même s’il n’est pas le premier choix du sélectionneur Jacques Brunel, il profite de chaque minute car « c’est un cadeau de jouer pour la France et il faut l’assumer. » Finalement, son vrai retour au premier plan, il l’opère en Top 14 depuis fin août.

Au point de réaliser son meilleur début de saison : « Je pense assumer un peu plus les responsabilités que l’on me donne aujourd’hui. J’ai gagné en maturité et en confiance. Je pense avoir grandi. » De nouveau indispensable à l’UBB (huit titularisations en huit matchs en championnat), il étoffe en plus sa palette grâce à un redoutable jeu au pied cette saison. Le demi de mêlée international de 24 ans est aujourd’hui le meilleur buteur du Top 14 devant des Finn Russell, Paddy Jackson ou Greig Laidlaw.

Samedi dernier face à l’Afrique du Sud, il a rendu une copie presque parfaite (5 sur 6). Un atout de plus dans la course à la Coupe du monde car à son poste, la concurrence est rude avec Parra, Dupont, Couilloud ou encore Machenaud. Toutes les opportunités sont donc bonnes à saisir, comme face à l’Argentine samedi à Lille (21h), pour espérer être dans la liste pour le Japon en juin. Et encore plus quand on sait que la rechute peut vite arriver… Baptiste Serin en sait quelque chose.