Stade Toulousain: Passé du rugby au chant lyrique, Omar Hasan veut montrer que «tout est possible»

SPORT & MUSIQUE L’ancien international de rugby argentin, qui a terminé sa carrière au Stade Toulousain, est aujourd’hui un baryton reconnu…

Nicolas Stival

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Omar Hasan, des terrains de rugby aux salles de spectacle.
Omar Hasan, des terrains de rugby aux salles de spectacle. — F. Scheiber / 20 Minutes
  1. Le chant a toujours fait partie de la vie d’Omar Hasan.
  2. L’ex-pilier enchaîne désormais les tournées.

Dix ans après y avoir terminé sa carrière de rugbyman sur un Bouclier de Brennus avec Toulouse, Omar Hasan a retrouvé le Stade de France, samedi. L’ancien pilier de 47 ans a entonné une vibrante Marseillaise avant la finale du Top 14 remportée par Castres face à Montpellier.

Une sorte de synthèse de ses deux vies pour l’ex-international argentin devenu chanteur, qui se raconte dans une autobiographie, La voix du rugby, rédigée à quatre mains avec Cathy Robin chez E/P/A.

Bercé par le tango

« Ecrire ce livre me tournait dans la tête depuis longtemps, explique le vainqueur de la Coupe d’Europe 2005 avec le Stade Toulousain. Je voulais que les gens découvrent mon enfance en Argentine, mes origines et mon parcours, livrer un message montrant que tout est possible. Cathy Robin a très bien compris cela. »

Avant même de jouer au rugby, le natif de Tucumán, aux racines syriennes par son grand-père paternel, espagnoles et françaises du côté maternel, poussait déjà la chansonnette. Bercé par le tango qu’écoutait son père à la radio, le petit Omar s’est fait remarquer dès ses sept ans.

Premier cours de chant à 29 ans

« A l’école primaire, j’ai intégré la chorale. Il fallait que je fasse le pitre, que je fasse rigoler tout le monde. » Sur un terrain de rugby, en revanche, ses adversaires de première ligne s’amusent beaucoup moins. Pendant que sa carrière sportive le fait voyager, de l'Argentine à la France en passant par la Nouvelle-Zélande et l’Australie, Omar Hasan diversifie ses influences musicales, de Frank Sinatra aux chansons napolitaines en passant par l’opéra.

La joie d'Omar Hasan après le titre de champion de France du Stade Toulousain, lors du dernier match de sa carrière, le 28 juin 2008 au Stade de France.
La joie d'Omar Hasan après le titre de champion de France du Stade Toulousain, lors du dernier match de sa carrière, le 28 juin 2008 au Stade de France. - J. Demarthon / AFP

Mais il faut attendre son arrivée à Agen, en 1999, après une première saison française à Auch, pour qu’il prenne ses premiers cours de chant. « J’ai commencé à être encadré et à travailler ma voix à 29 ans », lâche le baryton verdien. La machine est lancée et ne se grippera plus pour l’Argentin, parti à Toulouse en 2004.

« C’est ma destinée, il fallait que je chante », confie celui qui n’a pas renoncé à son autre passion, puisqu’il veut continuer à être consultant en mêlée, comme au SUA ou au Stade Toulousain par le passé. « Mais aujourd’hui, le chant prend 80 à 85 % de mon temps. » Omar Hasan poursuit son spectacle en trio, Café Tango, déjà joué plus de 200 fois en France. Tout en proposant une nouvelle œuvre, Belcantor, avec le jeune pianiste Marc-Olivier Poingt, qui marie chant lyrique et humour.

Au début, beaucoup de gens venaient voir le rugbyman chanteur, une sorte de phénomène comme la femme à barbe. Après le spectacle, ils me disaient : “je viens de voir un artiste”. »

C’est sans doute ce qu’ont également pensé les spectateurs du Stade de France, samedi.