Sécurité à Roland Garros: L'attitude de Federer fait réagir

TENNIS Le Suisse s’est plaint de l’organisation après l’intrusion d’un jeune garçon sur le court pour prendre un selfie...

B.V.

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Roger Federer à Roland Garros avec un fan qui a pénétré sur le court, le 24 mai 2015
Roger Federer à Roland Garros avec un fan qui a pénétré sur le court, le 24 mai 2015 — avid Vincent/AP/SIPA

«J'ai juste enjambé la haie pour rejoindre Federer et personne ne m'a arrêté». Aussi simplement que ça. A l’origine de la première polémique de Roland-Garros, le jeune ado du «selfie avec Federer» raconte à Metronews son histoire. Comment, avec juste un peu de culot, il a réussi à s’introduire sur le court à la fin du match de Roger Federer pour lui demander de prendre une photo avec lui. Rien de bien méchant a priori. Sauf qu'après la rencontre, RF a démoli le service de sécurité du tournoi.

«Endurcis-toi un peu, Roger»

«Je ne suis vraiment pas content de ça, a expliqué le Suisse. Ca ne devrait jamais arriver. Quelqu'un du tournoi est venu s'excuser, j'apprécie, mais il fallait faire plus avant. Maintenant, j'aimerais voir la suite. Je ne parle pas que pour moi, bien sûr, mais pour l'ensemble des joueurs. Personne n'a réagi alors que pour moi comme pour tous les joueurs c'est important de se sentir en sécurité.» C’est une absolue nécessité que personne n’osera remettre en cause. Mais la réaction de «Sa Majesté Rodgeur» n’est-elle pas un peu disproportionnée?

Il ne s’agit au fond que d’un gamin cherchant à faire un selfie. D’ailleurs, quand on a demandé à Jo-Wilfried Tsonga ce qu’il pensait de tout ça – «mais il était agressif, ce garçon?» -, il a eu l’air un peu surpris des proportions prises par l’histoire. On ne compte plus tous les «streakers» qui descendent chaque week-end sur les pelouses faire un tour cul-nu aux côtés des stars du ballon rond. Ou ceux qui haranguent  à chaque arrivée au sommet les cyclistes en plein effort. Vainqueur du Tour de France, Chris Froome s’est d’ailleurs payé le Suisse sur Twitter. «Je me demande bien ce que Federer dirait de la sécurité en haut de l’Alpe d’Huez, explique-t-il avec une photo plutôt parlante. Je préférai largement deux gamins qui veulent des selfies. Endurcis-toi un peu Roger.»

Des barbelés, «ce serait fou»

Le directeur du tournoi, Gilbert Ysern estime qu’il n’y pas de «sur-réaction» du joueur mais simplement «une contrariété». «Fort heureusement, on est dans un sport sans grille, sans barbelés, on se doit d’assurer la plus totale sécurité», poursuit-il. Et doit-on vraiment en arriver là pour que ce genre d’incidents n’arrivent pas? «Ce serait fou, mais on pourrait avoir plus de gardiens sur le court par exemple», répond Falla, battu aujourd’hui par Federer.

Plus de gardes, ce serait pourtant le début d’un virement ultra-sécuritaire dangereux pour un sport habitué à une proximité entre les stars et leurs fans. Et une réponse  excessive à un événement isolé. Même si l’attaque contre Monica Selès, poignardée sur le court en 1993 à Hambourg, est encore dans toutes les mémoires, il serait totalement impensable avec la sécurité sur et en dehors des stades aujourd’hui. Le risque 0 n’existera jamais – «on est pas prêt à soutenir une attaque massive et simultanée de 300 personnes qui arrivent d’un coup à la fin du match», en rigole Gilbert Ysern – mais le «dispositif de sécurité n’est pas en cause, assure le direction du tournoi. On a le personnel qu’il faut sur les courts, en nombre suffisant, formé, briefé et préparé.» 

Et ça devrait suffire à rassurer Federer.