PSG-Angers : Les Angevins ont-ils eu raison de crier au scandale après le péno accordé au PSG ?

FOOTBALL Le PSG s’est imposé contre Angers grâce à un penalty étrangement accordé par l’arbitre après visionnage de la VAR

Aymeric Le Gall
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Les Angevins étaient furieux contre l'arbitre après le péno accordé à Icardi vendredi soir.
Les Angevins étaient furieux contre l'arbitre après le péno accordé à Icardi vendredi soir. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Le PSG s’est imposé sur un fil contre Angers vendredi soir.
  • Les Parisiens ont arraché la victoire en toute fin de match après un penalty litigieux transformé par Mbappé.
  • Pour les Angevins, Icardi aurait dû être sanctionné au départ de l’action pour une faute sur Romain Thomas, mais les arbitres en ont décidé autrement.

Au Parc des Princes,

Il n’y aurait pas pu y avoir meilleur plaidoyer pour le rétablissement -ponctuel- de la peine de mort que ce match entre PSG et Angers vendredi soir. Mais que Badinter se rassure, on parle là de la peine de mort contre la VAR et uniquement contre la VAR. Ce n’est pas compliqué, on a eu en l’espace de quelques secondes à peine un condensé de toute l’absurdité de cette technologie censée bouter l’injustice loin des terrains de football. Enfin, on est sévère contre elle tout de même car, finalement, qu’est-ce que la VAR si ce n’est des caméras placées tout autour du terrain ? Non, ce qu’on fustige aujourd’hui, ce sont les hommes qui sont derrière et leur interprétation des images renvoyées par la régie. Vendredi, ceux-ci se sont littéralement surpassés.

Icardi, pas vu, pas pris ?

On rembobine : on joue la 83e minute de ce PSG-Angers quand Marco Verratti alerte Kylian Mbappé sur le côté gauche dans l’idée de voir le Français centrer pour Icardi. Au même moment, ledit Mauro Icardi, qui est au duel avec Romain Thomas, lui accroche ostensiblement le bras pour prendre le dessus et piquer plein axe dans l’espoir de reprendre de la tête le ballon de Kyky.

L’Argentin réussi finalement à croiser son coup de boule mais le ballon semble contré par le bras Pierrick Capelle, ce qui permet à Bernardoni de capter le cuir sans difficulté. Sur le moment, tout le monde proteste – les Angevins réclament une faute d’Icardi, les Parisiens la main du défenseur angevin – mais le jeu se poursuit. Ce n’est que quelques minutes plus tard, alors que le SCO était à deux doigts de punir une deuxième fois le PSG en contre, que l’arbitre arrête le match et se dirige vers son écran, a priori sur les conseils de ses assesseurs chargés de la vidéo.

La règle est claire dans ce cas de figure : un arbitre est autorisé à aller voir les images si et seulement s’il y a un doute sur un éventuel péno qui aurait été oublié. Depuis notre tribune de presse, on se dit alors que M. Dechepy va immédiatement remarquer la faute flagrante du numéro 9 parisien au départ de l’action et faire reprendre le match. « Il y a faute avant ! », entend-on d’ailleurs depuis le banc du SCO. Que nenni ! Celui-ci désigne le point de penalty, accompagné sur son chemin par des Angevins furieux qui se pincent pour y croire.

Mais plutôt que notre avis personnel, écoutons plutôt celui des Angevins, qui risquent de faire des cauchemars les nuits prochaines. Au coup de sifflet final, Romain Thomas était abasourdi : « C’est incroyable ce qu’il se passe. Perdre ici, ce n’est pas une honte mais comme ça non, c’est impossible. On travaille toute la semaine pour faire quelque chose de propre. C’est anormal qu’ils ne prennent pas le temps les arbitres. Le VAR, ça commence à me fatiguer cette histoire. On met des millions là-dedans, on ne sait même pas l’utiliser. Ça m’agace. Moi, je suis passionné, dévoué, je fais attention à ce que je fais. Là, il y a faute d’Icardi au départ de l’action, il me tire le bras, je tombe et, après, il joue de sa position pour avoir le penalty. Je suis frustré. »

« Je ressens de la colère et de l’incompréhension »

Pour le défenseur du SCO, les arbitres ont commis une faute professionnelle en refusant de checker le geste de l’ancien joueur de l’Inter. « Avant qu’il ne vienne voir le VAR, je prends le temps de lui dire [pour la faute d’Icardi]. Je ne parle pas de la tête et de la main [de Capelle], je parle d’avant : il tire bénéfice de la situation qu’il a avec moi au départ pour être en avance sur les défenseurs. L’arbitre me répond que ça a été checké. C’est pas vrai, c’est pas vrai, c’est un mensonge, éructe-t-il. C’est pas grave, c’est fini maintenant, Paris a ses trois points et, nous, on va travailler pour aller battre Saint-Etienne. Mais je préfère en prendre cinq et qu’ils nous fassent tourner dans le jeu plutôt que perdre 2-1 comme ça. »

Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, la colère des Angevins était à peine redescendue. « Il y a un grand sentiment d’injustice, ça fait mal. Je ressens de la colère et de l’incompréhension, a déclaré Gérald Baticle dans l’auditorium du Parc. C’est vraiment dur de perdre comme ça. Contre le PSG, il faut être à 100 % collectivement, mais il faut aussi que le VAR soit correctement utilisé. Pourtant, la VAR corrige 80 % des erreurs mais quand vous êtes dans les 20 % ça fait mal… ».