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Comment Marquinhos est devenu le leader naturel du PSG

PSG-Dortmund: Avec la tête et le cœur, Marquinhos est devenu le leader naturel du Paris Saint-Germain

FOOTBALLMarquinhos s'impose chaque semaine comme le futur capitaine du PSG
William Pereira

William Pereira

Trop bas, toujours trop bas. Dans les grands matchs européens auxquels il a pris part avec le PSG, Thiago Silva a souvent été accusé d’une frilosité, qui, dit-on, mène systématiquement à la perte de son équipe. Le 8e de finale aller contre Dortmund a confirmé la tendance, sans non plus condamner Paris. 2-1, score honnête, il n’y a pas mort d’homme. Pris plusieurs fois à défaut par Haaland, Thiago peut néanmoins remercier son binôme d’avoir colmaté les brèches et permis au bateau de ne pas prendre l’eau. Association oxymorique que celle des deux Brésiliens. Marquinhos, car c’est de lui dont on parle, est l’homme qui n’en finit plus de monter. Dans tous les sens du terme.

  • Défensivement, c’est le plus agressif et conquérant.
  • Tactiquement, parce qu’il est amené à évoluer plus haut, au milieu de terrain.
  • Affectivement, le Parc des Princes le porte dans son cœur
  • En termes d’influence, car le brassard de capitaine lui reviendra de droit quand Thiago Silva sera parti


Titi par adoption

C’est à se demander, avec un peu de recul et en forçant le trait, si le joueur formé aux Corinthians n’est pas devenu le joueur le plus important du projet parisien. Du point de vue de Leonardo, on ne doit pas être loin de la réalité. Responsable de sa venue au club en 2013, le directeur sportif parisien a récemment poussé pour que soit actée en janvier la prolongation du joueur jusqu’en 2024, alors que le dossier ne paraissait pas prioritaire – le précédent arrivait à expiration en 2022. Le genre de marque d’affection qui donne à l’intéressé la sensation d’être « à la maison » et l’envie de rester indéfiniment au PSG.

« Si je continue à être heureux ici avec le projet et l’admiration du public, pourquoi pas [faire toute sa carrière à Paris] ? » Au club, on le voit comme « le nouveau Titi, celui que les supporters ont choisi pour le Tifo nouveau maillot (blanc) un peu plus tôt cette saison ».

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Le Titi par adoption, respecté pour son côté besogneux et son sens du collectif, lui qu’on envoie au charbon au milieu de terrain alors qu'il aspire à devenir le meilleur joueur défenseur du monde. Tuchel le préfère au milieu, où « son influence est plus grande ».

Le joueur pourrait d’autant plus se plaindre que cette instabilité tactique préoccupe du côté du Brésil, où son sélectionneur, Tite, aimerait voir plus souvent Marquinhos jouer stoppeur, son poste en Seleção. D’autant que, nous explique Muricy Ramalho, ancien vainqueur de la Libertadores sur le banc de Santos et désormais consultant au Brésil, « sur la ligne des quatre défenseurs, c’est le seul titulaire indiscutable. Il est très bon et commence à être expérimenté. Mais je ne pense pas que sa polyvalence soit mauvaise. Fabinho aussi peut jouer à deux postes, ça offre une option de plus au sélectionneur. »

L’art d’être leader

Au sens du devoir il faut ajouter un certain amour des responsabilités. Marqui met un point d’honneur à se pointer systématiquement en zone mixte de son propre chef quand rien ne va. Après la remontada de Manchester United au Parc, l'an passé, il était là. Dégoûté de la vie, voix chevrotante, yeux humides, certes, mais présent. Et c’était le seul. Plus récemment, il a défendu le groupe d’avoir eu « peur de faire des erreurs » contre Dortmund comme le soupçonnait Tuchel. Avant de désamorcer, une poignée de jours après, le triple anniversaire-gate en fin diplomate.

« « C’est vrai que c’était une erreur de diffuser les images. On est d’accord et conscient de ça. C’était un anniversaire prévu avant le match [la défaite contre le Borussia Dortmund]. Ce n’est pas une question de résultat. Il faut surtout dire à nos supporters que ce n’était pas un manque de respect. […] C’était un moment pour qu’on passe du temps ensemble et qu’on oublie un peu le foot. » »

Pour tout ça et bien plus encore, Marquinhos est progressivement passé de gamin rigolard du vestiaire à légitime aspirant au brassard, qu’il porte déjà quand Thiago Silva n’est pas là et dont le départ s’annonce irrémédiable en fin de saison, Leonardo ne souhaitant pas le prolonger. Ramalho : « ça ne fait aucun doute, pour moi il sera le leader naturel du PSG. » Mbappé, même s’il se permet de lui passer un savon après la victoire douloureuse contre Bordeaux en Ligue 1, décrète pour sa part que Marqui était déjà « le patron ».

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Bien sûr, le bonhomme refuse pudiquement de convoiter le précieux, probablement par respect pour son mentor (« on est très bien aujourd’hui avec le capitaine qu’on a. Je profite du temps à ses côtés pour apprendre avec lui. Si, à un moment, je dois être capitaine, je vais essayer de le faire de la meilleure manière possible »). Mais il a conscience de ses talents de meneur qu’il essaye, disait-il en 2018 au magazine Veja, de distiller le plus simplement possible. « Pas seulement avec des mots, mais avec des gestes, dans la manière de m’entraîner. […] Je pense que c’est un ensemble de choses, il faut savoir parler, communiquer et surtout être professionnel et travailleur ».

A 25 ans, Marquinhos a déjà tout compris au métier de capitaine, y compris comment s’adresser à un bonhomme plus âgé dont l’ego dépasse l’entendement. Comme, au hasard, Neymar. « Si j’ai quelque chose à lui dire, je le ferai au moment opportun. J’ai une relation plus intime avec lui comme on se connaît depuis quelque temps. Mais il est plus âgé, il a plus d’expérience que moi, il sait ce qui est meilleur pour lui. » Marquinhos, lui, sait ce qui est bon pour le PSG : « pas trop parler et agir ». Ce que, regrettait-il après le match retour contre Manchester, l’équipe n’avait pas fait l’an passé. Sous l’impulsion de son nouveau leader, Paris a encore un match pour apprendre des erreurs passées.