Au PSG, il est libre Neymar, y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler

FOOTBALL Neymar est arrivé au PSG comme en pays conquis...

Aymeric Le Gall

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Au PSG, Neymar fait ce qu'il veut, même tirer la langue à Nasser Al-Khelaïfi.
Au PSG, Neymar fait ce qu'il veut, même tirer la langue à Nasser Al-Khelaïfi. — bertrand GUAY / AFP

Comme un Brésilien dans de la cachaça. Depuis son arrivée en France, début août, Neymar est le roi du pétrole au PSG (n’y voyez pas là quelconque allusion démago dans cette expression, s’il vous plaît, car ce n’est pas le cas). Déjà comme à la maison, le Brésilien est au centre de toutes les attentions et jouit d’un statut qu’il n’avait jamais eu au Barça.

Pastore et le cadeau de bienvenue

Avant même l’officialisation de sa venue au PSG, l’une des questions était de savoir quel numéro le Brésilien allait porter. Et si personne ne doutait que ça serait le n°10, encore fallait-il trouver une parade pour que son propriétaire d’alors, Javier Pastore, accepte de passer le témoin proprement.

Mais comme Javier est aussi élégant balle au pied que dans la vie de tous les jours, ça n’a pas été compliqué à gérer pour le PSG. Avant même de délivrer des caviars à Neymar sur le terrain, Pastore a pris de l’avance en offrant son n°10 à son nouveau coéquipier. « Je veux qu’il se sente à l’aise et heureux dès le premier jour », a lâché Pastore à cette occasion.

Directeur sportif officieux

S’il a d’abord été recruté pour briser les reins de ses adversaires, martyriser les défenses et faire passer un cap supplémentaire au PSG sur la scène européenne, Neymar porte pourtant une autre casquette, celle de directeur sportif adjoint. Vous n’entendrez jamais personne le dire officiellement, et encore heureux, mais dans les faits c’est tout comme.

Avant même d’arriver à Paris, Neymar aurait lourdement pesé dans le choix de Dani Alves de rejoindre le PSG cet été. La preuve dans la bouche du latéral droit et grand pote du Ney : « C’est lui qui m’a conseillé de venir ici parce qu’il était lui-même prêt à venir. »

De même, sa proximité avec Lucas, son ami d’enfance, pourrait avoir des conséquences sur le futur du joueur. Beaucoup l’imaginaient plier bagage cet été mais l’arrivée de Neymar pourrait remettre tout ça en question. Si « Ney » veut garder son copain près de lui, Nasser devrait tout faire pour qu’il soit entendu.

Après, le Brésilien n’aura pas non plus gain de cause à chaque fois. Il aurait par exemple aimé voir Coutinho le rejoindre à Paname cet été, mais cela n’arrivera pas. Il n’empêche, signer un mec du niveau et de la renommée de Neymar, ça reste une aubaine pour attirer d’autres top players. Et quand le joueur donne son avis sur le recrutement, on l’écoute, point barre.

Le maître des clés

Si Neymar a rejoint le PSG, c’est d’abord et surtout pour jouer. Privé de sa première au Parc des Princes contre Amiens à cause du certificat international de transfert qui a tardé à arriver sur le bureau de la LFP, c’est donc à Guingamp que le Brésilien a dit « coucou » à la Ligue 1. Là-bas, Neymar n’a pas mis longtemps à montrer ce qu’il allait apporter au PSG. Mieux, ses 90 premières minutes avec Paris résument à elles seules pourquoi le joueur a fait le choix de quitter le Barça cet été.

Positionné comme au FCB, à gauche d’un 4-3-3 qu’il connaît par cœur, Neymar n’a pas vraiment pris ses quartiers sur ce côté du terrain, comme il le faisait quand il évoluait aux côtés de Messi et Suarez. En fait, au Roudourou, il est allé un peu où il voulait et c’est lui qui a donné le tempo de chaque attaque parisienne.

« S’il est venu à Paris c’est pour ça, pour être LE joueur important de l’équipe, celui qui donne le tempo en permanence. Il va vêtir son costume de leader, de héros, tout ce qu’il n’avait pas à Barcelone. Au Barça, ce n’était pas lui le dépositaire du jeu. A Paris, il n’y aura pas de contestation sur son statut dans l’équipe. »

S’il doit beaucoup au Barça, l’heure était donc venue pour Neymar de prendre son envol. Là-bas, bien qu’aimé et respecté par tout le club, le joueur n’était pas perçu comme le maestro de l’équipe, la faute à un petit argentin à la barbe rousse. Da Fonseca toujours.

Au Barça, on lui imposait quelque chose d’un peu réducteur dans son jeu. Parce que, dans le trio, c’est surtout lui qui devait se replier dans les phases défensives, il était aussi un peu bloqué sur le côté gauche, il avait une position plus figée, il était moins libre que les deux autres. On dira ce qu’on voudra, mais imposer à un tel joueur des restrictions dans le jeu, dans sa manière de se déplacer, dans son positionnement, c’est lui enlever une partie de ce pour quoi il joue au football. Neymar c’est quelqu’un qui a besoin d’être totalement libre pour être au sommet de son art. »

Ça tombe bien puisque, selon le consultant de beIN Sports, « à Paris il va faire les choses comme il les entend, il jouera comme il le sent. » Et ça, Unai Emery lui-même l’a déjà pigé. « Il bénéficie d’un positionnement très libre, expliquait-il après la victoire à Guingamp. Son premier positionnement, c’est côté gauche mais il est à l’aise dans l’axe, ça dépend de l’adversaire et de comment il se sent lui. » Oui, ça dépend surtout de lui, en fait.

Impunité calculée

Avec ce statut d’intouchable, Neymar fait (et va continuer de faire) ce que bon lui semble. Et il faudrait vraiment qu’il dérape sévèrement pour que quelqu’un au club ose lui dire quelque chose. Alors qu’il n’avait pas encore joué sous le maillot parisien, le Brésilien s’était payé du bon temps avec ses potes du côté de Saint-Tropez.

Au programme, des plongeons dans l’eau depuis son yacht et des petits apéros bien sympas à base de champagne (pas) bon marché. Bon, il n’y a rien de choquant là-dedans, mais ça montre bien que le seul qui gère Neymar à Paris, c’est Neymar lui-même.

« C’était évident que s’il quittait Barcelone c’était pour avoir ces conditions de liberté, ce statut d’homme libre, conclut Omar Da Fonseca. A Paris, il va être le leader dans tous les domaines. On va lui demander à quelle heure il veut que l’équipe s’entraîne, à quelle heure il faut prendre l’avion (rires) ! Ses désirs ne sont pas des ordres, mais presque… A tout moment, le club va tout faire pour le mettre dans les meilleures conditions. Et c’est normal. Neymar au PSG, ce n’est pas la tête de gondole du club, c’est le magasin tout entier ! »