«C'était extraordinaire, mais j'en ai ras le cul d'être dans l'eau», Camille Lacourt savoure sa brillante dernière

NATATION Le nageur français a vécu l'un des plus beaux moments de sa vie dimanche soir, mais avoue qu'il prend sa retraite avec un certain soulagement...

N.C. avec AFP

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Camille Lacourt a été sacré champion du monde sur 50m dos pour la dernière course de sa carrière, le 30 juillet 2017 à Budapest.
Camille Lacourt a été sacré champion du monde sur 50m dos pour la dernière course de sa carrière, le 30 juillet 2017 à Budapest. — Michael Sohn/AP/SIPA

« Penser que c’est fini, que c’est la dernière Marseillaise, c’est beaucoup de plaisir et énormément d’émotion », a lâché Camille Lacourt, qui a conclu sa carrière sur un cinquième titre mondial sur 50 m dos, dimanche à Budapest.

Quel est le sentiment qui domine au moment de conclure votre carrière sur un ultime sacre mondial ?

Je suis vraiment content de la façon dont ça se finit. Je suis ravi de finir ma carrière sur la plus haute marche du podium mondial. C’était l’objectif, je suis ravi de pouvoir vivre ça. C’est une compétition réussie, je suis vraiment content d’y être arrivé. Il n’y avait pas de nostalgie. J’ai profité, j’ai adoré rentrer dans ce bassin, l’ambiance est bouillante. C’est une pure journée. J’ai envie d’en profiter, je n’ai pas vraiment de mots à dire, c’est beaucoup d’émotion, beaucoup de plaisir.

Comment avez-vous vécu votre dernière course ?

Je savais que ça allait se jouer sur les 25 premiers mètres, et qu’après, c’était moi le plus rapide sur la nage. Donc j’étais vraiment concentré sur mon départ, ma coulée, ma reprise de nage. Aux 25 mètres, je vois que je suis dans la masse, donc je me dis que ça peut le faire, si tout se passe bien. Il suffisait que je continue à nager le plus vite possible, je savais que j’étais plus rapide que les autres. Je suis vraiment content que le plan se soit déroulé sans accroc.

Et votre dernier podium ?

C’est la première fois que, sur un podium, je me retourne sur tout ce qu’il s’est passé dans ma carrière. Evidemment, il y a eu des bons moments. Je me souviens aussi des moments difficiles, des gens grâce à qui on a réussi à se relever, les amis, la famille… Penser que c’est fini, que c’est la dernière Marseillaise, c’est beaucoup de plaisir et énormément d’émotion. C’était une de mes plus belles Marseillaise, avec le plus d’émotion.

Qu’est-ce qui va vous manquer de votre vie de nageur ?

L’adrénaline, ces moments avant les compétitions, dans les chambres d’appel, derrière le plot. Par contre, il y a une chose qui ne va vraiment pas me manquer, c’est l’entraînement ! C’était un moment extraordinaire, mais j’en ai ras le cul d’être dans l’eau et je suis content que ça se finisse !

Vous achevez votre carrière à Budapest, là où tout avait commencé pour vous en 2010 ?

Le public était extraordinaire, à chaque course il y avait une ambiance de fou, les gradins étaient immenses et toujours remplis. Je suis ravi d’avoir vécu ça pour ma dernière. C’était une des plus belles compétitions.

Quand avez-vous décidé de continuer jusqu’à ces Mondiaux 2017 ?

Je le savais avant les jeux Olympiques (5e du 100 m dos en 2016 à Rio). J’avais espéré que d’autres Marseillais me suivent. Mais même tout seul, j’avais envie de boucler la boucle, de faire une dernière saison de transition, entre ma vie sportive et ma reconversion.

Avez-vous douté au cours de cette année où vous avez jonglé entre natation et reconversion ?

Des doutes, il y en a tout le temps dans une saison. Mais je savais que je faisais le nécessaire, je suis content d’y être arrivé.