J.Lau.
L'essentiel
- En pleine tourmente, depuis sa condamnation officielle pour 114 infractions financières de 2009 à 2018, Manchester City s'est largement imposé dimanche sur la pelouse d'un de ses principaux rivaux, Liverpool (0-3).
- A Anfield, les supporteurs de Manchester City ont mis l'ambiance dans le parcage visiteur avec d'étonnantes bananes gonflables. Difficile d'avoir la « réf », de prime abord.
- Il s'agit d'une lointaine tradition des fans des Cityzens, depuis la fin des années 1980, lorsque le club traversait une période galère après sa relégation en Championship (en 1987). L'idée était alors de lutter contre la morosité ambiante avec ce délire de bananes géantes rapportées en masse au stade.
Y a-t-il une connexion inattendue entre les supporteurs de Manchester City, habituellement biberonnés aux sons d’Oasis, et notre Philippe Katerine national ? La question pouvait (presque) sérieusement se poser dimanche, en constatant que le parcage mancunien à Liverpool, lors du choc de Premier League (0-3), était bondé de bananes gonflables. Et oui, comme les foules de certains festivals accueillant le déjanté artiste français dans les années 2010, après la sortie de son génial tube La Banane.
En vrai, la passion des fans des Cityzens pour les bananes gonflables remonte à bien plus loin, puisqu’on peut trouver trace sur YouTube d’une séquence de JT anglais délicieusement vintage… datant de mars 1989 ! La naissance de ce délire des bananes géantes ramenées au stade (Maine Road et non l’Etihad Stadium donc) provient bien de la fin des années 1980. L’idée était alors simplement de lutter contre la morosité ambiante, alors que Manchester City venait d’être relégué en Championship en 1987, et que l’Angleterre traversait la crise du hooliganisme.
« Peu importe la division, on sera toujours là »
Le site officiel de City explique qu’un joueur avait incarné le phénomène banane, le dénommé Imre Varadi, attaquant britannique random jamais international, passé au club de 1986 à 1988. Celui-ci y reçoit « le surnom affectueux d'"Imre Banana" », alors que « d’étranges bananes gonflables font leur apparition à cette époque au Kippax [la tribune la plus populaire du regretté Maine Road] ».
Depuis que le club mancunien a officiellement été reconnu coupable de graves infractions financières de 2009 à 2018 (avec 114 chefs d’accusation retenus sur 115) par une commission indépendante, le 29 septembre, l’idée de relancer pleinement la tradition des bananes gonflables est revenue à Manchester City, notamment à l’initiative du groupe de supporters 1894. « Le message est clair : nos supporteurs ont toujours vécu des hauts et des bas, ont expliqué les 1894 sur X la semaine passée. Ça rappelle ainsi à tout le monde que peu importe la division dans laquelle on se retrouvera, on sera toujours là. »
Une vague de bananes prévues contre le PSG ?
Un membre du groupe 1894 complétait dans le Mirror : « C’est un peu farfelu, c’est juste pour s’amuser. Les supporters de City viennent pour faire la fête, peu importe à quel point les médias en font des caisses avec cette affaire. » En attendant donc des sanctions qui pourraient être inédites pour le club détenu par un fonds émirati (relégation, de nombreux titres retirés… ?), des centaines de fans des Skyblues ont envahi Anfield dimanche, en répondant aux nombreuses banderoles « Cheaters » (« tricheurs ») côté Reds avec ces délirantes bananes géantes.
Et rassurez-vous, il n’y a aucune connotation raciste dans l’historique de ces bananes (il y a d’ailleurs aussi eu des modèles de crocodiles, de poissons et de perroquets à Maine Road) chères aux accros à City. Tout en bas du parcage visiteur dimanche, on retrouvait l’incontournable guitariste, compositeur et chanteur d’Oasis Noel Gallagher, tout sourire pour assister à la démonstration de son équipe de cœur, avec un sublime but de Rayan Cherki en prime (0-3).
Notre dossier sur Manchester CityDans un message posté dimanche soir sur X, le groupe 1894 précise : « Le club nous dit qu’Enzo Maresca et les joueurs ont adoré notre tribune aujourd’hui. Attendez-vous à voir beaucoup plus de bananes cette semaine, car le club s’implique aussi pour permettre à plus de supporteurs de participer au mouvement à domicile ». Le PSG est prévenu : il va connaître un accueil assez délirant, mercredi (21 heures), pour l’affiche de la 2e journée de la Ligue des champions à l’Etihad Stadium.