J.Lau.
La dernière sélection de Lionel Messi avec l’Albiceleste n’a-t-elle été une fête légendaire et pleine d’émotions que pour le peuple argentin ? C’est en tout cas ce que dénonce ce lundi le sélectionneur adjoint du Bénin, dans un long billet mis en ligne sur le site The African Football Club.
Tunde Adelakun a été un témoin privilégié de la der de l’octuple Ballon d’or, en assistant depuis la pelouse au net succès argentin (3-0) lors de ce match amical du 6 octobre à Buenos Aires, ainsi qu’aux grandes célébrations qui ont suivi. Encore que, les Béninois ont eu la mauvaise surprise de se sentir particulièrement exclus de toutes ces festivités, en étant à des années-lumière d’obtenir une simple photo aux côtés d’une de leurs idoles.
Des poignées de main « expéditives et impersonnelles »
« Ce qui m’a frappé, c’est le refus catégorique de l’équipe argentine de vouloir avoir quoi que ce soit à faire avec mon équipe après le match, déplore Tunde Adelakun. Les poignées de main ont été expéditives et impersonnelles. Il est clair qu’ils ne souhaitaient pas se trouver au même endroit que mon équipe. Toute tentative de nos joueurs de s’approcher de l’homme qu’ils étaient venus célébrer a été repoussée de manière hostile par les agents de sécurité présents. »
De quoi vraiment gâcher la fête, alors que les Guépards (et non plus les Ecureuils) ont dû se coltiner une journée entière de voyage pour rejoindre Buenos Aires, en partie dans le but de partager ce grand moment de l’histoire du football avec la « Pulga » et les siens.
« Lorsque les Argentins ont formé une haie d’honneur pour lui, quelqu’un a suggéré que notre équipe s’aligne pour l’applaudir à son passage, poursuit le coach adjoint. La rapidité avec laquelle les agents de sécurité ont dispersé le petit groupe de joueurs qui s’était formé était impressionnante. On aurait dit que mes gars étaient des gangsters en pleine émeute ! »
Messi plus si « irréprochable » pour les Béninois
Une impression lunaire qui en dit long sur la désillusion vécue en après-match par les adversaires des champions du monde 2022, et finalistes de l’édition 2026. Avant « le coup de grâce » durant le tour d’honneur de l’attaquant de 39 ans.
« Certains de mes joueurs s’étaient alignés vers la fin de son parcours et ils attendaient qu’il s’avance vers eux, afin de l’applaudir et de le féliciter, note le sélectionneur adjoint. Mais au dernier moment, Leo a fait un détour pour les éviter délibérément et se diriger au centre du terrain. C’était un nouveau coup bas d'un homme vénéré par tant de personnes et qui, dans l’esprit de nombreux jeunes Africains, était irréprochable. »
Mais ça, c’était avant cette sortie manquée, du point de vue béninois. « Le respect est censé être réciproque. Et dans le football, nous montrons du respect », conclut à ce propos Tunde Adelakun. L’équipe de France et la Roja, qui gardent en travers de la gorge l’après-match des finales du Mondial 2022 et 2026, ne sont donc pas les seules à formuler ces reproches envers l’Albiceleste.