Coupe de France : « On en reparlera dans quinze ans »… Le « Petit Poucet » du FCOSK 06 tombe joliment face à Angers
FOOTBALL•La superbe aventure des Strasbourgeois du FCOSK 06, pensionnaires de Régionale 1 (6e division) s’est arrêtée samedi soir. Devant plus de 18.000 spectateurs, ils ont été éliminés difficilement par Angers (1-0)Thibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le SCO Angers s’est difficilement qualifié pour les 8es de finale de la coupe de France, samedi soir à Strasbourg. Les Angevins ont souffert face au « Petit Poucet » du FC Olympique Strasbourg Koenigshoffen, une formation de Régionale 1 (6e division).
- Après l’ouverture du score, les Alsaciens ont eu de nombreuses opportunités de revenir. Angers a tremblé jusqu’à la fin.
- « C’était quand même un kiff de vivre tout ça. On a rivalisé avec deux équipes de Ligue 1, c’est magnifique », ont avoué des joueurs strasbourgeois, quand même très déçus.
A quoi reconnaît-on un signe de respect de la part de son adversaire ? Une haie d’honneur à la sortie du terrain, des poignées de main chaleureuses, des échanges de maillot, des félicitations… Oui peut-être, mais pas que. Les amateurs du FC Olympique Strasbourg Koenigshoffen (FCOSK) 1906 l’ont surtout obtenu sur le terrain, cette fameuse marque.
Près de leur poteau de corner, où les joueurs professionnels d’Angers pourtant habitués à évoluer cinq divisions plus haut se sont terrés pendant presque toutes les dernières minutes. Par trouille. Par calcul. Par estime donc aussi de ces Alsaciens de Régionale 1 (6e division) qui leur avaient provoqué tant de sueurs froides toute la soirée.
« Je pense qu’il nous a manqué six ou sept minutes pour égaliser à 1-1 et aller aux tirs au but », dira un petit peu plus tard le défenseur Alexis Mouakit. En glissant au passage que « même des joueurs angevins nous ont dit qu’ils avaient eu chaud ». Pas à cause de la température, négative hier soir à la Meinau, mais bien de cette incroyable « bande de potes » décomplexée.
Enfin, pas durant le premier quart d’heure. Dans l’antre du Racing, les joueurs du désormais ex « Petit Poucet » de la Coupe de France ont d’abord été impressionnés. Ce n’est quand même pas tous les jours qu’ils sont soutenus par 18.000 personnes, plutôt une centaine d’habitude ! « C’est vrai, on avait un peu les jambes qui tremblaient au début », poursuit le roc du « 06 », pas loin de marquer juste avant la pause quand la balle lui a été parfaitement servie pour un coup de tête. « Mais je ne la vois mal arriver et je la tape mal… »
« Ça restera gravé très longtemps »
Dommage car cela aurait certainement tout changé. A ce moment-là, le SCO menait 1-0, après avoir parfaitement profité du départ poussif de son adversaire. Blazic avait d’abord trouvé le poteau (14e) avant d’ajuster presque dans la foulée, toujours à la suite d’un corner (0-1, 16e). Et cinq minutes plus tard, Sima aurait pu un peu plus plomber l’ambiance si le ballon n’avait pas trouvé la barre (21e). Angers maîtrisait et filait tout droit vers une qualification facile.
Mais le FCOSK 06 ne s’est pas hissé jusqu’en seizièmes de finale pour rien. Il possède une rigueur défensive impressionnante et quelques joueurs très talentueux. Loumouamou Ngobouma (27e) et Cherief (29e) l’ont vite rappelé avant que Tiné ne fasse vibrer tout le stade sur une percée de 35 mètres mal conclue (36e). Comme toutes les autres belles opportunités des Strasbourgeois du reste de la nuit…
« On a réalisé le match qu’on pensait en défendant bien et en profitant des opportunités qu’on pourrait avoir. Malheureusement, on a manqué de réussite et de réalisme », résume Amar Ferdjani, sans vouloir parler de « regrets éternels ». « Non car les garçons ont réalisé un gros match et je suis fier de ce qu’ils ont produit sur mais aussi en dehors du terrain. Ils ont dispersé des valeurs et rassembler autant de supporteurs, c’est beau. Tout ça, ça restera gravé très longtemps. On en reparlera dans quinze ans, je l’espère autour d’un repas. »
Pour le moment, certains de ses joueurs avaient quand même un peu de mal à digérer. Frustrés d’être passés tellement près d’un nouvel exploit après celui réalisé face à Clermont il y a deux semaines (0-0, 4-3 aux tirs au but). « On a de très gros regrets avec ces quinze minutes ratées qu’on a payé cash », explique le gardien Corentin Schmittheisler. « On se dit qu’il y avait la place… J’ai de la tristesse », ajoute son partenaire Alexis Mouakit. Les deux se reprennent vite. « C’était quand même un kiff de vivre tout ça. On a rivalisé avec deux équipes de Ligue 1, c’est magnifique. »
Pour le groupe mais aussi pour un club né d’une fusion en 2020 et encore en construction. Ce superbe parcours pourrait contribuer à accélérer son développement… « On a réussi une belle fête à la Meinau avec tous les quartiers populaires de Strasbourg qui nous suivent », savoure l’un des deux coprésidents Aziz Soylu. « C’était un pari de venir ici et on savait qu’à partir de 10.000 spectateurs, ce n’était que du bonus. Alors avec près de 19.000 (18.505 officiellement), on ressent quelque chose de merveilleux. » Comme si un rêve s’était déjà réalisé. Un autre attend peut-être le FC Strasbourg Koenigshoffen 1906 en fin de saison : la montée en Nationale 3, grand objectif d’une saison déjà inoubliable.


















